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* La pub de l'aéroport envoyée au tapis (jpg)

* Quand Ryanair invente le terrorisme aéroportuaire

* Fronde contre Ryanair en Charente (pdf)

* Corinne Lepage s'explique

* De l'argent public dans les réacteurs

* Le plus grand chantier du nord de la France sera-t-il plombé ?

* L'aéroport ferme ce soir pour le chantier géant

* Aéroport, le BTP entre en piste

* Menace sur le chantier de l'aéroport

* Recours contre le plan d'exposition au bruit

* Le bruit des avions examiné au tribunal

* Aéroports, TROP, c'est trop

* On nous prépare un Orly bis

* Le bruit devant le tribunal

* Aéroport : 600 logements à insonoriser

* Une victoire pour L'ADERA

 

 Voir les articles de  200820072006 2005

 

 

 

Déplacements Pro.com  Janvier 2010

Il reste que bien des régions françaises sont dans l'impasse. Financer le tourisme avec l'argent du contribuable, même si économiquement les retombées sont là, c'est toujours un peu complexe à expliquer avant de nouvelles élections. Surtout si elles sont régionales. Les écologistes ou les élus d’opposition veillent au grain.
Alors, cette colère qui gronde, coup de bluff des politiques ou réel ras-le-bol des financiers?

   suite de l'article:
http://www.deplacementspros.com/Quand-Ryanair-invente-le-terrorisme-aeroportuaire_a4096.html

 

 

 

Courrier-Picard.fr, 7 novembre 2009

 

BEAUVAIS Aéroport : Corinne Lepage s'explique
 

L'ancienne ministre de l'Environnement a eu pour client l'aéroport dans son procès, gagné, contre une association de riverains luttant contre le développement de cette plateforme.

Corinne Lepage, ancienne ministre de l'Écologie et présidente de Cap 21, avocate de profession, assure la défense des intérêts de la société Sageb qui exploite l'aéroport de Beauvais.

Le président d'une association de riverains opposés au développement de cet aéroport, qui enregistre la plus forte croissance dans l'Hexagone avec 2,5 millions de passagers cette année, l'a révélé jeudi lors de l'assemblée générale de l'Adera.

Jean-Baptiste Cervera a précisé avoir reçu un courrier signé par le cabinet Huglo-Lepage lui signifiant le jugement d'un procès qu'il avait perdu contre la Sageb. Ce jugement accorde en outre 1000 € de dépenses judiciaires à la société exploitante.

Le procès en référé avait été engagé par Jean-Baptiste Cervera, sans avocat, devant le tribunal administratif d'Amiens. L'audience de juin s'était déroulée après la réfection de la piste de l'aéroport... dont M. Cervera demandait justement la suspension des travaux qui ont coûté 14 millions d'euros. « Ils avaient tous leurs avocats, que ce soit la Sageb, la région Picardie, le conseil général de l'Oise, l'agglomération du Beauvaisis (ndlr : propriétaires des installations). Que voulez-vous faire contre ça », a déclaré M. Cervera devant une trentaine d'adhérents de son association.

Visiblement embarrassé de citer le nom de Mme Lepage, M. Cervera a toutefois critiqué implicitement un conflit d'intérêts, voire une imposture déontologique de la part de celle-ci.

 

Corinne Lepage se défend

Corinne Lepage, jointe hier par téléphone, a estimé que cela relevait d'un mauvais procès. « C'est un dossier que le cabinet a eu et qu'on a gagné d'ailleurs », a-t-elle d'abord confirmé, ajoutant aussitôt : « Je pense que je n'ai pas de leçon de morale à recevoir. ». Elle a précisé que « l'association ne l'avait pas contactée et qu'elle l'aurait volontiers défendue . Honnêtement, je me suis rendu compte après coup que cela m'avait échappé », mais, a-t-elle ajouté, « dans un cabinet qui emploie 25 avocats, je ne peux pas tout contrôler, bien que jamais nous ne défendions des intérêts liés au nucléaire, aux OGM, aux incinérateurs et j'en passe ».

« J'estime n'avoir aucun conflit d'intérêt vis-à-vis de cette association. Ce n'est pas scandaleux comme si elle m'avait contactée, que j'avais dit non et que je serais ensuite allée défendre l'aéroport » a conclu Mme Lepage.

Preuve de sa bonne foi, les 1000 euros réclamés à l'Adera dans le courrier cité de son cabinet n'ont pas fait l'objet d'une relance. M. Cervera n'est d'ailleurs aucunement inquiet à ce sujet. De sorte que l'hypothèse selon laquelle Mme Lepage prendrait un jour la défense de l'Adera n'est pas aussi invraisemblable que cela.

D.G.

 

http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/Info-regionale/Aeroport-Corinne-Lepage-s-explique

 

Courrier-Picard.fr, 4 septembre 2009

De l'argent public dans les réacteurs
 

Quel point commun entre les aéroports de Pau, Reims, Nîmes, Carcassonne, Poitiers, Tours, Brest, Beauvais? C'est simple, tous accueillent Ryanair. Selon un rapport de la Cour des comptes en 2008, les collectivités locales, gestionnaires de ces tarmacs, auraient ainsi fait bénéficier à la compagnie irlandaise de quelque 400 millions d'argent public.

Au point de départ, il s'agissait de développer les aéroports, voire de les sortir de leur torpeur comme à Beauvais-Tillé. Rien que pour 2006, la Cour estime ainsi que l'aéroport beauvaisien a reçu 7 millions de subventions.

Mais quelles retombées réelles pour l'économie locale ? Quel afflux touristique supplémentaire pour la ville ? Le rapport de la Cour est accablant : la plupart des investissements consentis sont déficitaires.

Alors que dans le même temps Ryanair ne cessait de prospérer, la plupart des aéroports se trouvaient encore en déficit du fait des ristournes qui lui étaient octroyées. C'est si vrai qu'un rapport de la chambre régionale des comptes de Picardie en 2007, donc antérieur à celui de la Cour des comptes, relevait que sans la navette de bus entre la porte Maillot et Tillé, les comptes de l'aéroport beauvaisien n'auraient jamais été positifs!

Parmi une foule de critiques, le gendarme financier ajoutait que sur 42 millions d'investissements prévus entre 2005 et 2010, 33 devaient être financés par des subventions ... Alertée par de nombreuses enquêtes du même genre, la Cour des comptes note que c'est donc le contribuable qui paye pour ceux qui voyagent à bon marché ...

 

Le Courrier Picard, 29 mai 2009

Le plus grand chantier du nord de la France sera-t-il plombé ?
 

BEAUVAIS-AMIENS. L'Association de défense de l'environnement des riverains de l'aéroport de Beauvais-Tillé (Adera) a déposé deux recours devant le tribunal administratif d'Amiens pour demander la suspension des travaux de réfection de la piste.

Ces aménagements sont présentés comme «le plus grand chantier de travaux publics de tout le nord de la France ».

L'aéroport sera fermé du 2 au 9 juin, le temps donné à 400 ouvriers travaillant jour et nuit pour refaire la piste et la rendre parfaitement plane, et donc apte à recevoir un système ILS d'atterrissage par tous temps. Ce chantier est estimé à 14 millions d'euros.

Or, il n'a pas été soumis à une étude d'impact préalable. De plus, la commission consultative de l'environnement de l'aéroport, que réunit le préfet, n'a pas été consultée à ce sujet, a notamment plaidé l'Adera.

Selon le président de l'association, Jean-Baptiste Cervera, le juge de fond a d'abord été saisi afin d'obtenir un jugement en référé suspensif, c'est-à-dire une audience en urgence.

Les deux recours ont été acceptés, mais on n'en connaissait pas encore la date d'audiencement hier soir.

 D.G.

 

 

Le Parisien, 2 juin

L'aéroport ferme ce soir pour le chantier géant.
 

C'EST SANS AUCUN doute le chantier de l'année. Ce soir, aux alentours de 22 h 30, après l'atterrissage des avions en provenance de Trévise (Italie) et Dublin (Irlande), l'aéroport de Beauvais-Tillé fermera ses portes pour huit jours. Plus de 400 ouvriers se relaieront alors nuit et jour sur le tarmac pour permettre l'installation de 1 ILS ni (Instrument Landing System), ce dispositif qui permet aux avions de se poser même par temps de grand brouillard.

Avec ses 2,5 millions de passagers par an, l'aéroport de Beauvais-Tillé ne pouvait plus se passer de l'ILS III s'il voulait continuer à se développer pour atteindre, comme programmé, les 4 millions de passagers. Le brouillard, assez fréquent dans la région, est l'incontestable point noir de l'aéroport La météo n'en finit plus de causer des retards importants, quand ce n'est pas des avions détournés sur Lille (Nord), faute de visibilité.

14 millions d'euros

Seulement, l'installation de l'ILS III demande une piste parfaitement plane. Celle de Beauvais, longue de 2 450 m, forme une cuvette en son milieu. Le chantier consiste à rectifier le profil de la piste en refaisant intégralement la couche de roulement

Il en coûtera 14 millions d'euros, un chiffre impressionnant en rapport avec ceux qui tournent autour de ce chantier : 110000 m3 de terrassement, 130000 m2 d'enrobé et 15000 t de grave (l'équivalent de 2500 camions), pour remettre à niveau la piste et combler la cuvette, 19 km de tranchée creusés autour de la piste, pour passer les fourreaux électriques, 8 km de saignées, pour mettre les feux encastrés, et 155 km de câbles pour l'ILS et le balisage. Seule ombre au tableau, l'Association de défense des riverains de l'aéroport (Adera) a déposé un recours devant le tribunal administratif d'Amiens. Elle conteste la légalité de ce chantier géant arguant deux vices de procédure. L'audience est fixée au 15 juin.

Les ouvriers n'attendront pas le jugement pour se mettre au travail. Une véritable course contre la montre débute ce soir, avec pour seul objectif de permettre la réouverture de l'aéroport le mercredi 10 juin, à 7 heures.

 

 

 

Le Courrier Picard, 3 juin

Aéroport, le BTP entre en piste

 • 400 ouvriers refont la piste de 2 450 m pour l'équiper d'un système d'atterrissage tout temps. Ils ont commencé le travail cette nuit. L'aéroport ferme pendant huit jours
 

Il a débuté ce matin à 1 heure. « Le plus grand chantier de travaux publics du nord de la France», selon la formule du président du conseil général, mobilise 400 personnes, 14 millions d'euros et va générer 800.000 heures de travail en huit jours ! Objectif assigné à ce chantier mené nuit et jour: rendre la piste plane comme un billard afin qu'elle puisse exploiter le système d'atterrissage tous temps 1LS3 qui sera opérationnel à l'automne 2010. À cause du brouillard, l'aéroport de Tille est en effet, bon an mal an, hors service pendant une quinzaine de jours. « Ce sont entre 150 et 200 mouvements annulés ou déroutés chaque année. Grâce à ce chantier, les passagers, les compagnies et l'aéroport y gagneront en confort, en régularité et en image », indique un proche du dossier.

La progression se poursuit

 Cette semaine de fermeture représentera 50000 passagers et 300 mouvements de manque à gagner. Ce qui ne fera pas pour autant plonger les courbes de fréquentation de Beauvais Tille, l'un des rares aéroports à rester positif. «Avec 17500 mouvements et 2,5 millions de passagers en 2008, cette année 2009 enregistrera une progression de 2% avec environ 18000 mouvements et 2,6 millions de passagers », selon la même source. L'activité d'Aéroports de Paris (-6% de passagers) et des aéroports régionaux concurrents (de -5% à -7%), selon les chiffres des cinq premiers mois de l'année 2009, est en recul sur la même période. Le chantier va mobiliser l'équivalent de 2500 camions pour reprofiler la piste de 2 450 mètres creusée en cuvette en son centre. Les tranchées et saignées d'électrification et de pose de feux encastrés s'aligneront sur près de 30 km. Après le dernier vol attendu hier soir, l'aéroport rouvrira au trafic mercredi 10 juin à 7 heure.

 

L'Adera attaque les gestionnaires de l'aéroport

Le tribunal administratif d'Amiens a fixé au lundi 15 juin, à 14 heures, l'audience de référé au cours de laquelle l'Association de défense de l'environnement des riverains de l'aéroport de Beauvais-Tillé (Adera) attaquera la légalité du chantier. Sont assignés, outre l'Adera, la Sageb exploitant l'aéroport et ses mandataires, le conseil général, le conseil régional et la communauté d'agglomération du Beauvaisis, ainsi que la préfecture de l'Oise.

Cette audience interviendra après la clôture, le 10 juin, du chantier. Si le tribunal donne raison à l'Adera, faudra-t-il détruire ce qui a été fait à grands frais, telle est la question qui se poserait alors. L'Adera plaidera, sans avocat, l'absence d'étude d'impact du chantier. « Ce n'est pas un réaménagement de la piste, c'est un changement de catégorie de l'aéroport. On prend date pour l'avenir, les gens pourront se référer à cette procédure», a expliqué hier Jean-Baptiste Cervera, président de l'Adera.

 

Marc Amoudry : « On sera présent à l'audience »

«On sera présent à l'audience», a expliqué hier Marc Amoudry, PDG de la Sageb, société exploitant l'aéroport. «Une étude d'impact environnemental a bien été fournie à l'Adera qui l'affiche d'ailleurs sur son site Internet, ainsi qu'aux trois autres associations qui siègent à la commission consultative de l'environnement de l'aéroport, et comme son nom l'indique, cette commission se limite aux questions d'environnement». M. Amoudry a précisé que sur 68 M€ d'investissements (2009-2022), 45 M€ seraient dépensés d'ici 2012, dont 14 M€ pour la piste refaite et 10M€ pour une seconde aérogare, afin de pallier la saturation actuelle des installations. «Mais cela se fera dans le respect du plan d'exposition au bruit qui autorise 21000 mouvements» a-t-il ajouté, prévoyant une révision de ce document, orchestrée par l'État, pas avant 2012 ou 2 01

 

 

 

Le Parisien, 30 mai

Menace sur le chantier de l'aéroport
 

MARDI, une armée de 400 ouvriers est attendue sur le tarmac de l'aéroport de Beauvais-Tîllé. Comme prévu. Pourtant un grain de sable pourrait enrayer le plus grand chantier public du nord de la France. La très active Association de défense des riverains de l'aéroport (Adera) a déposé un recours devant le tribunal administratif d'Amiens. Elle conteste la légalité de ce chantier géant et affirme que deux vices entachent la procédure. L'audience est fixée au 15 juin. En tant que dirigeants de l'aéroport, Yves Rome, président du département, Claude Gewerc, président de région, et Caroline Cayeux, maire de Beauvais, sont appelés à s'expliquer devant la juridiction amiénoise, tout comme Philippe Grégoire, le préfet.

Postées hier, les convocations devraient parvenir aux destinataires dès mardi matin... alors que les travaux débuteront « C'est à eux de prouver que tout a été fait dans les règles de l'art, jubile Jean-Baptiste Cervera, président de l'Adera. Pour nous, l'autorisation administrative des travaux a été délivrée sans la moindre étude d'impact préalable. Et il n'y a pas eu réunion de la commission consultative de l'environnement... »

Ces deux arguments ont été retenus par le tribunal administratif. Toutefois, malgré son caractère d'urgence, le référé porté par l'Adera n'est pas suspensif. Autrement dit jusqu'au 15 juin, rien n'empêche les premiers coups de pioches à l'aéroport « Les travaux peuvent effectivement débuter, confirme-t-on au tribunal administratif. Mais dans ce genre de situation, l'autorité administrative peut elle-même suspendre le chantier en attendant l'issue de l'audience. »

Alors, ce vaste chantier de 14 millions d'euros va-t-il être mis entre parenthèses le temps du jugement ? « Sûrement pas, tranche-t-on du côté du conseil général. Référé ou pas, les travaux débuteront comme prévu et l'aéroport sera bel et bien fermé du 2 juin, 23 heures, au 10 juin, 7 heures. » Mais qu'adviendra-t-il si l'Adera obtient gain de cause ? « La situation pourrait devenir très, très compliquée... » assure un proche du dossier.

 

 

Oise Hebdo, 27 mai 2009

Recours contre le plan d'exposition au bruit : la décision attendue pour juin
 

Trois années de procédure devant la justice administrative plus tard, le recours des opposants à l'aéroport de Beauvais-Tillé a été examiné à Amiens, mardi 19 mai. La décision devrait être rendue d'ici deux semaines, donc au début du mois de juin. Et après les conclusions du commissaire du gouvernement, se prononçant pour l'annulation du plan d'exposition au bruit (PEB), Jean-Baptiste Cervera, président de l'Adera (association de défense de l'environnement et des riverains de l'aéroport) se montre optimiste, mais sans plus.

«On devrait gagner, espère le contestataire. Encore que, il nous est déjà arrivé que le représentant de l'Etat soit d'accord avec nous et qu'on perde quand même ; ou bien qu'il soit en désaccord et qu'on gagne finalement.» A cela s'ajoute la probabilité d'un appel de la Sageb et du syndicat mixte gestionnaire de la zone aéroportuaire.

«Dans ce cas, la décision restera applicable, affirme Jean-Baptiste Cervera. Un nouveau PEB devra être rédigé. On repart pour un an de procédure. En attendant, ceux qui veulent construire pourront obtenir leur permis

Car c'est le premier objectif des requérants : faire en sorte que le développement du site soit arrêté. «Le PEB prévoit 21000 vols à l'année, indique le responsable de l'Adera. On en est à 18000. Ne me dites pas qu'on va investir des millions d'euros pour 3000 vols supplémentaires. C'est complètement incohérent.» Un tel développement impliquerait la mise en place d'une zone tampon en plus, donc inconstructible et qui s'étendrait "Jusqu'à Milly-sur-Thérain», toujours selon Jean-Baptiste Cervera.

 

 

 

Pour faire pencher la balance en sa faveur, l'Adera a présenté un nouvel argument devant les juges: une déclaration écrite du cancérologue Dominique Belpomme et visée par un millier de scientifiques européens. Celle-ci dénonce la nocivité de la proximité des transports aériens auprès d'habitations. A cela s'ajoute l'argument principal sur l'absence d'étude d'impact économique.

 

 

L'Oise matin, 18 mai 2009

Le bruit des avions examiné au tribunal
 

CET APRES-MIDI, la justice s'intéresse au bruit des avions. Le tribunal administratif d'Amiens va statuer sur la validité du plan d'exposition au bruit (PEB) de l'aéroport de Beauvais-Tillé. Initialement programmée le 27 janvier puis reportée, l'audience d'aujourd'hui devrait être l'épilogue d'un feuilleton mouvementé, commencé il y a trois ans.

A l'époque, en juin 2006, l'enquête publique préalable à l'approbation du PEB avait déjà donné lieu à d'intenses gesticulations de la part des antiaéroport. Depuis, les tensions suscitées par le PEB ne sont pas retombées. Trois associations — l'Association de défense de l'environnement et des riverains (Adera), l'Association contre les nuisances de l'aéroport (Acnat) et Action-Réflexion — contestent toujours l'approbation de ce plan par la préfecture de l'Oise.

 « Les premières habitations se trouvent à moins de 1,4 km du bout de la piste »

Deux arguments étayent leur recours contre le PEB. Le premier est d'ordre technique. Le second repose sur des critères économiques. « Le plus important est que les zones de bruit définies dans ce plan ne correspondent pas à la réalité, répète-t-on du côté de l'Adera. C'est à partir d'une piste standard de 4 km que l'organisation internationale du transport aérien établit ses données acoustiques. Le problème à Beauvais, c'est que la piste ne fait que 2,4 km de long et que les premières habitations se trouvent à moins de 1,4 km du bout de la piste. » Jean-Baptiste Cervera, le président de l'Adera, ajoute : « Avec les Boeing 737-800 qu'utilisent Ryanair, le bruit en bout de piste est évalué à 83 décibels en phase d'atterrissage. Une valeur reconnue nocive pour la santé... »

Dans un second temps, les associations de riverains affirment que les retombées financières liées à l'aéroport ne justifient en rien l'approbation du PEB. L'Adera, l'Acnat et Action-Réflexion balaient l'argument économique d'un revers de main. Pour eux, aucun doute : « L'aéroport ne rapporte pas un centime à la ville de Beauvais et son agglomération. » Jean-Baptiste Cervera va même plus loin. « De l'aveu même de la chambre de commerce, 97 % des usagers de l'aéroport ne font que transiter par Beauvais, confie ce dernier. Ils atterrissent et repartent aussitôt vers Paris... »

En dépit de leur argumentaire, les trois associations fondent peu d'espoir sur ce recours. Mais si d'aventure celui-ci devait aboutir, un nouveau PEB devrait être élaboré. S'ensuivrait alors une nouvelle enquête publique. Soit, au bas mot, un an de procédure.

 

 

Approuvé en juin 2006 par le préfet de l'Oise, le plan d'exposition au bruit est contesté par trois associations. Elles soulignent notamment le niveau de décibels atteint à l'atterrissage en bout de piste par les Boeing de la compagnie Ryanair.

 

 

Enjeux, mars 2009

Aéroports, TROP, c'est trop

Le pire serait encore à venir. De 1990 à 2030, l'avion aura perdu près de 39 millions de passagers au profit du train
 

Vu du ciel, le paysage aéroportuaire français laisse perplexe: l'Hexagone compte plus de 170 terrains d'aviation aptes à la circulation aérienne publique (CAP) et à ses Fokker, ATR, Airbus et Boeing: soit une ou deux pistes longues de plus de 2000 mètres et un radar digne de ce nom, ouverts nuit et jour. Mais cette «richesse» favorise tout sauf l'émergence d'une offre pratique et abordable pour les provinciaux. Car 155 aéroports se disputent 10% des 145 millions de passagers transportés en 2007, tous en deçà d'une masse critique fixée à 800.000 passagers ou tonnes de fret par un rapport de la Cour des comptes de juillet dernier.

Malgré les lois du 14 août 2004 et du 20 avril 2005 qui ont organisé la cession de leur propriété par l'Etat et la possibilité de les privatiser en partie, cette pléthore aéroportuaire ne suscite aucun débat, au contraire du redécoupage des cartes judiciaire, militaire ou préfectorale. «Les élus locaux et les patrons de chambre de commerce défendent bec et ongles leur tour de contrôle, considérée comme preuve ultime de modernité par leurs concitoyens», sourit fataliste un expert de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC). Et peu leur importe de torpiller les efforts du voisin, comme en Corrèze : le département se dotera d'un aéroport flambant neuf à Brive, jumeau des pistes de Clermont et Limoges pourtant situé à 180 et 110 km de là. L'espoir de fixer des compagnies aériennes à bas coûts vaut-il un budget triplé à 46 millions d'euros? Pour Jean Sivardière, le président de la Fédération nationale des associalions d'usagers de transports (Fnaut), ce maillage fourmille de doublons.

La Bretagne aligne ainsi pas moins de sept plates-formes, dont trois pour le seul Finistère: Brest, Morlaix et Quimper, le premier n'étant distant des deux autres que de quarante-cinq minutes en voiture. Or une fois le TGV Atlantique prolongé, cette métropole de 205000 habitants, ne sera plus, dès 2012, qu'à trois heures trente de Paris. Pourtant, 53 millions d'euros ont été dépensés pour porter la capacité du site à 1,6 million de passagers annuel. Et cette année, la région a lancé un appel d'offres pour l'exploitation de la piste de Quimper. De même, de Nantes à Orléans, la vallée de la Loire héberge cinq aéroports. Et que dire de l'est de Marseille avec Avignon, Montpellier, Béziers et Nîmes. Sans oublier les Alpes, les Pyrénées (traversées de part en part par une autoroute), Rochefort et La Rochelle, l'axe Strasbourg-Colmar-Mulhouse ou encore la Normandie et ses trois aéroports internationaux . N'en jetez plus !

ESPRIT DE CLOCHER

Cet esprit de clocher plombe les finances des collectivités territoriales désormais propriétaires de ces sites, l'Etat conservant une participation dans les aéroports de Nice, Lyon, Marseille et ceux d'outre-mer. D'après la Cour des comptes, seuls ceux de Beauvais et de Biarritz ne sont pas sous perfusion. Et de rappeler que, de 2000 à 2006, le secteur a reçu 590 millions d'euros de subventions d'exploitation, soit plus de 100 euros par passager... jusqu'à 178 euros pour les 718 clients de la ligne Tours-Lyon, fermée en 2006. Un montant appelé à croître, sous la poussée des investissements imposés par les nouvelles normes environnementales et de sûreté. Les magistrats pointent la flambée de ce dernier poste depuis 2001 : + 300%, à 562,6 millions d'euros en 2007. Sur la même période, Paris n'a octroyé que 10 millions pour investir dans des équipements aéroportuaires... On a raté une occasion de rationaliser avec les premières lois de décentralisation et les extensions des autoroutes et des lignes de TGV, insiste Charles de Courson, député de la Marne. Il a fallu attendre qu'un Etat exsangue refile la patate chaude aux collectivités locales, sans les recapitaliser. Ce réseau n'est plus adapté à l'explosion du modèle classique des compagnies généralistes, sous les coups de boutoir du TGV, des low cost et des intégrateurs de fret », ajoute l'auteur de rapports parlementaires sur le sujet.

Sur le trajet Paris-Strasbourg, par exemple, les parts de marché respectives d Air France et de la SNCF sont passées de 60 à 15% et de 35 à 80%. Au mois de juillet 2008, Eurostar captait plus de 80% du trafic Paris-Londres et l'avion moins de 20%. Le rapport était de 2% pour le train et 98% pour l'avion en 1994.

SE RAPPROCHER, À QUEL PRIX ?

Mais le pire serait encore à venir, à en croire une étude commandée par la Fnaut et reprise par le ministère des Transports: de 1990 à 2030, l'avion aura perdu près de 39 millions de passagers au profit du train, puisqu'à cette échéance, les métropoles françaises seront à moins de trois heures trente de la capitale. Et autant de leurs voisines européennes. Le directeur général de l'Union des chambres de commerce gestionnaires et exploitantes d'aéroports (Uccega), Jacques Sabourin, l'admet: «L'avion ne l'emporte sur le train que sur les trajets de plus de quatre heures.»

Cependant, les lignes bougent, lentement, sous l'impulsion d'opérateurs privés et de filiales de groupes de services ou de BTP, français et internationaux, qui suppléent ou épaulent les CCI, dans des sociétés de gestion aéroportuaire. Chez le canadien SNC, exploitant entre autres de Tarbes-Lourdes, à quarante minutes de celui Pau, Youssef Sabeh prévient: «Les deux aéroports se disputent le même marché de 1,4 million de passagers. Nous jugeons prioritaire tout ce qui pourra les rapprocher» Quitte à en supprimer un... mais pas celui des pèlerins. La tutelle d'Annecy (à une demi-heure de Genève ou Chambéry) accorde une dernière chance à son aéroport. Périclitant depuis l'arrivée du TGV et rattrapés par l'urbanisation, ceux de Reims et Charleville-Mézières ont été fermés. Au grand dam de Jacques Sabourin, prompt à monter au créneau pour défendre ses aéroports : «Il est plus facile d'en fermer que d'en ouvrir», avertit-il. «Maintenir des doublons à l'heure où les deniers publics sont plus rares est inacceptable. Les supprimer est un acte courageux. Cela s'appelle aussi une décision politique», répond en écho Alain Levern, président du conseil régional de Haute-Normandie. Hier tabou, le principe des regroupements progresse, à Metz-Nancy-Lorraine, Grenoble et Chambéry ou Lyon-Satolas et Saint-Etienne. Réduite à Bâle-Mulhouse, la coopération transfrontalière progresse. Le Languedoc s'interroge sur la pertinence de Perpignan face aux 5 millions de passagers de son voisin Gérone. Strasbourg, dont le trafic a chuté de 30% avec l'arrivée du TGV, a repris langue avec son homologue de Karlsruhe-Baden.

Autre piste, une spécialisation symétrique à la parcellisation de l'offre: aviation régulière et charter, low cost, affaires, loisirs, fret, voire maintenance aéroportuaire, comme à Clermont-Fer-rand. Charles de Courson vante Vatiy, dédié au fret et porté sur les fonts baptismaux par le conseil général de la Marne : «On y croit dur comme fer. La croissance du fret dépasse celle des trafics passagers, pour le plus grand profit des intégrateurs tel UPS, à la recherche de sites éloignés des villes, idéals pour les vols de nuit» Le tracé du TGV ignorant son aéroport ne l'ébranlé pas.

La SNCF rechigne en effet à connecter son fleuron aux aéroports, comme en témoigne sa participation symbolique à l'édification de la gare TGV de Lyon-Satolas ou la fin de non-recevoir opposée aux élus demandant une bretelle sur Lille-Lesquin. Pourtant, s'il se concrétise, le projet Carex, de fret sur des lignes à grande vitesse, accélérera la recomposition. «A terme, estime même José Wagner, directeur de l'aéroport Metz-Nancy-Lorraine, cette idée profitera aux sites installés le long des axes à grande vitesse, pour relier très vite les hubs européens, comme Liège ou Francfort.» En attendant, le contribuable paie les additions.

 

Vincent Bussière

 

 

 

L'Observateur de Beauvais, 6 février

« On nous prépare un Orly bis »
 

Le président de l'association Adera s'inquiète de l'impact qu'aura l'aménagement d'une nouvelle aérogare. Il fustige également l'inaccessibilité des balises de bruit et de trajectoire.
 

«Le projet d'aménagement d'une seconde aérogare de 7700 m2 d'ici 2010 à l'aéroport de Béarnais Tille nous mène à la catastrophe. Ça va être un Orly bis ce truc-là!», tonne Jean-Baptiste Cervera, président de l'association Adera. Conséquence logique, le trafic devrait exploser.

940 places de parking supplémentaires

L'aménagement de cette nouvelle aérogare se fera à partir d'un hangar de 6000 m2 existant, avec en plus une extension de 1700 m2, qui correspondra au total au terminal T2. Le terminal T1 actuel sera quant à lui réaménagé sans modification de surface. La création d'un hôtel d'environ 80 chambres destiné à accueillir les passagers et le personnel de vol est également à l'ordre de jour, tout comme celle d'un nouveau parking (avec extension des parkings existants), ce qui permettra de passer de 1900 places actuellement à 2840, soit 940 places supplémentaires. Jean-Baptiste Cervera fus- tige le manque de dialogue: «On nous met devant le fait accompli, sans aucune étude. Un bois a été rasé et on vient nous parler d'aéroport vert ? De plus l'aéroport ne rapporte strictement rien à la ville de Beauvais».

Du côté de l'aéroport, on indique que «le développement de l'Aéroport de Beauvais est susceptible de générer environ 200 créations d'emplois. En situation future, l'impact économique de l'Aéroport devrait en outre atteindre 600

millions d'Euros, soit une augmentation de 100 millions d'euros par rapporta la situation actuelle. Cette augmentation sera profitable à l'économie locale», tout en reconnaissant que «l'impact du projet sur le bruit devrait être réel mais conforme aux prévisions réglementairement autorisées.»

«Une fumisterie !»

Suite à cela, on en vient à l'implantation de balises de bruit et de trajectoire, objet de la réunion du 3 février dernier. «Une fumisterie !» s'exclame Jean-Baptiste Cervera, qui argumente : «Ces balises ne seront en aucun cas accessibles au public directement, il faudra venir à l'aéroport pour avoir des données. Et encore, ils nous diront bien ce qu'ils veulent en faisant leurs études de leur côté». En tout, six balises qui seront implantées dans les lieux suivants dans le courant du second trimestre 2009 : Troissereux, Plouy saint-Lucien, la cité des fleurs à Beauvais, à Tille, Nivilliers et Laversines. Un coût de «400.000 euros», selon Jean-Baptiste Cervera. Rappelons enfin que le tribunal avait reconnu et annulé en début d'année la décision du préfet de ne pas soumettre à l'étude d'impact certains travaux d'aménagement.

Une réunion s'est tenue mardi 3 février sur l'implantation de six balises bruit et trajectoire.

S.HARDIVILLERS

 

L'association des amis du quartier de la place du Jeu de Paume a aussi son mot à dire

 «L'Adéra avait bel et bien raison !»

L'association des amis du quartier de la place du Jeu de Paume, opposés au projet Forum Invest, a également son mot à dire sur l'agrandissement de l'aéroport. En outre, l'association reprend un tract diffusé par la liste «Beauvais pour tous» de Caroline Cayeux, maire de la ville, juste avant les élections. Ce tract intitulé «l'Adéra vous ment» ( rebaptisé «l'Adéra avait raison !» ) stipule que «non,les élus ne prévoient pas d'extension de l'aéroport, il n'est nullement question non plus de construire une 3ème piste d'atterrissage. Ce n'est qu'un tissu de mensonges». Le tract de la municipalité fait état également «d'un développement maîtrisé de l'aéroport, avec un couvre-feu», contesté par l'association qui évoque «le développement du fret». L'association enfin s'en prend à Caroline Cayeux en évoquant le projet d'aéroport à Rouvillers, village situé à la frontière de l'Oise: «Madame Cayeux défilait vent debout contre le dit projet. Il est vrai qu'elle avait constaté que la trajectoire de l'aéroport s'étendait sur les communes d'Avrigny, Choisy-la-Vic-toire etEstrées Saint Denis, terres de sa famille...»

 

 

 

Le Parisien, 26 janvier 2009

Le bruit devant le tribunal
 

DEMAIN, le tribunal administratif d'Amiens se penchera sur le plan d'exposition au bruit (PEB) de l'aéroport de Beauvais-Tillé. L'épilogue espéré d'un épineux dossier vieux de deux ans et demi. Pour mémoire, ce plan avait été validé par la préfecture de l'Oise en juin 2006 après une enquête publique mouvementée. Mais cette approbation est contestée par trois associations anti-aéroport. L' Association de défense de l'environnement et des riverains (Adera), l'Association contre les nuisances de l'aéroport (Acnat) et Action-réflexion.

Concrètement le recours des militants auprès du tribunal administratif repose sur deux aspects, l'un technique, l'autre économique. D'abord, les zones de bruit définies ne correspondent pas à la réalité des nuisances sonores, insiste Jean-Baptiste Cervera, le président de l'Adera. Les données acoustiques établies par l'OAci (Organisation internationale du transport aérien) sont élaborées sur la base d'une piste de 4 kilomètres. Or celle de l'aéroport de Beauvais ne mesure que 2,4 kilomètres et les premières habitations se trouvent à moins de 1,4 kilomètre. Il faut rappeler qu'avec des Boeing-737-800 comme ceux qu'utilisé Ryanair le bruit en bout de piste est évalué à 83 décibels lors de l'atterrissage. Une valeur reconnue nocive pour la santé.

 

«Cet aéroport n'a jamais rapporté un centime à Beauvais»

D'autre part, les associations de riverains contestent l'argument économique avancé par la préfecture pour justifier l'approbation du PEB. « Cet aéroport n'a jamais rapporté un centime à Beauvais, tranche Jean-Philippe Hide, secrétaire de l'Adera.

Le rapport de la chambre régionale des comptes est là pour le prouver. De l'aveu même du directeur de la chambre de commerce, 97 % des usagers de l'aéroport ne font que transiter par Beauvais. Ils atterrissent et repartent aussitôt vers Paris. Alors où sont-elles, ces fameuses retombées économiques » ?

Si le recours des trois associations aboutit, un nouveau PEB devrait être élaboré, ce qui signifie, au bas mot, un an de procédure supplémentaire. Mais avant cela, les riverains disposeront d'une réponse précise sur l'impact et le bruit réel des avions. En effet, le gestionnaire de l'aéroport prévoit l'installation de six stations de mesure à Tille, au Plouy-Saint-Lucien, à Beauvais (quartier des fleurs), à Nivillers, Troissereux et Laversines. Outre l'analyse des nuisances .acoustiques, ces stations enregistreront le nombre de mouvements ainsi que les trajectoires des avions, au départ et à l'arrivée de Tillé.

D.L.

 

Le low-cost qui inquiète

UN RECENT rapport du conseil économique, social et environnemental fait trembler les riverains de l'aéroport. Réalisé à la demande de Nicolas Sarkozy, dans le cadre du développement durable de Roissy-Charles-de-Gaufle, ce rapport cite, à plusieurs reprises, l'aéroport de Beauvais-Tillé. Il précise que «le développement des activités sur les aéroports de Beauvais et Vatry (Marne) ne devra pas être entravé, notamment pour le fret la nuit, les lowcost, les charters ou les microjets.» En clair, Roissy doit se désengorger. Vatry devrait donc hériter du fret Beauvais des lowcost Pour finir, le rapport stipule qu'il est « souhaitable que l'Etat soutienne les efforts de promotion de ces aéroports ».

 

 

 

 

Le Courrier Picard, 9 février 2009

Aéroport : 600 logements à insonoriser

Cet aéroport sous couvre-feu, qui suspend son activité la nuit, ne reçoit plus d'avions anciens et bruyants. Troisième étape, la mise en place d'un réseau de mesures du bruit, pilier d'un futur fonds d'aide à l'insonorisation des logements riverains.

 

 

L'une des vingt mesures du plan environnemental de l'aéroport -3,5M€ de crédits entre 2008 et 2010 - concerne le bruit: précisément, un fonds d'aide pour isoler les logements des riverains. Selon Marc Amoudry, P.-D.G. de la Sageb qui exploite l'aéroport, «de l'ordre de six cents logements sont potentiellement concernés. A 5000 ou 6000 € de frais par logement, le fonds devrait disposer d'environ 2,5 M€», déclarait-il lundi dernier.

Qui financera ? Ce dernier plaide pour une répartition par tiers entre la Sageb, le département de l'Oise et l'Agglomération du Beauvaisis, sur la base de 200.000 € annuels pour chaque partenaire. À ce rythme, «quatre ans suffiraient pour insonoriser ces maisons et mieux les isoler, de sorte qu'on a là un marché local important», plaidait-il.

Ce fonds n'est, pour l'heure, qu'une affaire de communication à l'intention des riverains mais il anticiperait toutefois sur la réglementation. L'aéroport de Beauvais est en effet dépourvu de zone «D», ce périmètre à l'intérieur duquel les logements sont éligibles de droit à des travaux d'insonorisation subventionnés.

Cette réglementation s'applique aux aéroports dépassant 20000 mouvements (autant de décollages et d'atterrissages) par an. Beauvais est en dessous (lire le tableau ci-dessus) et le restera en 2009 avec une prévision de «19000 mouvements», selon Marc Amoudry.

Mais lorsque la révision du plan d'exposition au bruit (PEB) interviendra, en 2012, sans doute l'Autorité de contrôle de nuisances sonores aéroportuaires (Acnusa) déclenchera-t-elle la réglementation «insonorisation» car l'aéroport aura dépassé 20000 mouvements.

Marc Amoudry propose donc à ses généreux partenaires d'anticiper. Qu'il investisse au même moment 480.000 € dans un système de mesure du bruit qui permettra de mieux «documenter» les agressions des aéronefs n'est pas un hasard.

D.G.

 

Les crédits de capacité privilégiés

Le plan d'investissement de la Sageb pour les années 2009-2012 «s'élève à 49 M€», selon Marc Amoudry, P.D.G. de l'entreprise. La dépense clef sera la création d'une nouvelle aérogare, le T2 lancé cette année, qui couvrira 7700 m2 dont 6000 sont la reconversion d'un hangar industriel. Un hôtel de 80 chambres sera également construit, ainsi que 940 nouvelles places de parking portant la capacité de l'aéroport à un peu moins de 3000 places.

À côté de ces dépenses de «capacité», sur le plan environnemental, la Sageb organisera le 16 février la première réunion de son plan de déplacements d'entreprise; elle consacrera 3 M€ pour conformer ses installations, avec retard, à la loi sur l'eau (le futur T2 récupérera l'eau de sa toiture dans un réservoir de 160 m3); le tri sélectif sera mis en service avec deux ans d'avance; l'étude du bilan carbone de l'aéroport a été lancée avec Atmo-Picardie. Le bois des Tilleuls, au Plouy-Saint-Lucien, partiellement arasé, sera replanté aux frais de la Sageb avec des «espèces à tige basse».

 

Six stations vont mesurer le bruit

Vincent Pellenard, directeur de l'environnement de l'aéroport, a présenté un nouveau système de mesures de bruit des avions qui sera opérationnel dans six mois. Cette présentation a eu lieu lundi 2 février au siège de la Sageb, exploitant l'aéroport, en présence de maires et d'associations de riverains.

Le système se compose de cinq stations fixes et d'une station mobile de mesure, reliées par un puissant logiciel qui constitue le principal de l'investissement qui s'élève à 480.000 €.

Les stations fixes seront installées à Tille, Troissereux, Laversines, dans le quartier des Fleurs à Beauvais ainsi qu'au Plouy-Saint-Lucien. Ce système «viendra en complément des trajectoires radars des avions» pour affiner celles-ci et établir une «base des bruits» de l'aéroport plus objective.

 

Face aux critiques, plus de dialogue

«Il sera impossible d'interroger les balises par Internet comme cela se fait dans d'autres pays, comme l'Allemagne. D'autre part, faute d'avoir choisi une technologie basée sur le CPS, les trajectoires seront évaluées, sur le plan latéral, à plus ou moins 200 mètres», a réagi Jean-Baptiste Cervera, président de l'Association des riverains de l'aéroport (Adera). Il avait participé à la «très mauvaise réunion» du lundi 2 février au cours de laquelle a été présenté le nouveau système de mesures.

La Sageb a précisé qu'il serait illégal en France d'autoriser la consultation des balises via Internet. Son P.D.G. a toutefois reconnu la nécessité «de lancer des réunions régulières, tous les trois mois, avec les riverains. Les maires et les associations ont un désir discuter» a-t-il dit.

 

 

 

 

 

 

L'Observateur de Beauvais, 1 janvier 2009

Une victoire pour L'ADERA

 

 

Jean-Baptiste Cervera, président de l'ADERA, l'Association de défense des riverains de l'aéroport de Beauvais-Tillé, se réjouit de la décision que vient de lui notifier le tribunal administratif d'Amiens le 16 décembre dernier. Ce dernier a annulé la décision en date du 5 janvier par laquelle le préfet de l'Oise avait décidé de ne pas soumettre certains travaux d'aménagement de la plateforme aéroportuaire à l'étude d'impact. Ces travaux de mise aux nomes concernaient l'aire de stationnement, la zone de taxiway et le marquage au sol.

Les travaux prévus au cours de l'année à venir seront donc soumis à cette étude d'impact qui satisfait Jean-Baptiste Cervera. "Plus rien ne sera fait dans le dos des habitants qui sont obligés de vivre avec les nuisances de l'aéroport." L'étude permettra de déterminer en quelle mesure les riverains seront affectés. Quant à la décision, formulée par le préfet le 5 janvier dernier, de ne pas soumettre les travaux à l'étude d'impact parce que les montants des travaux ne dépassaient pas le seuil réglementaire, le tribunal administratif d'Amiens a estimé que la préfecture aurait dû prendre en compte le montant total des travaux et non ces réalisations fractionnées.

 Le tribunal ordonne la réalisation de l'étude d'impact.

Les conclusions rendues par le tribunal ne sont, par ailleurs, pas flatteuses pour la préfecture : "en refusant de subordonner ces travaux à l'étude d'impact, le préfet de l'Oise a méconnu les dispositions." La préfecture a deux mois pour faire appel de cette décision.

Jean-Baptiste Cervera a adressé un courrier au président de la République, Nicolas Sarkozy, pour l'informer de la problématique de l'aéroport de Tillé-Beauvais. Le président de l'ADERA n'hésite pas dans ce courrier à mettre en avant les responsabilités des élus locaux, de la préfecture, de Caroline Cayeux et de la compagnie Ryanair dans les atteintes à l'environnement. "Après une année 2008 qui aura été riche en déceptions pour les riverains de l'aéroport de Tillé-Beauvais, les années à venir ne nous engagent pas à un espoir d'amélioration. Fin 2007, nous espérions en votre soutien." Pourtant les 8 hectares du bois de Plouy Saint Lucien ont été rasés "alors que les accords de Grenelle ont défini qu'il ne pouvait plus y avoir d'abattage de bois supérieur à 4 hectares, rasé sans l'accord de population environnante, propriétaire du paysage de son cadre de vie."

 

Ce sont deux vues de ce bois, qui se trouvait dans l'axe de la piste d'atterrissage et qui a été décimé, qui illustrent les calendriers 2009 de l'association. Avec ce commentaire : "Un aéroport vert! Voilà la triste réalité de ce qu'ils ont fait de notre environnement."

A. O.