Prochaine date et Procès Verbaux
ARTICLES DE PRESSE, année 2006
Monsieur le Commissaire,
Par la présente, nous voulons protester contre l'opération promotionnelle lancée par la Chambre de Commerce et d'industrie de l'Oise gestionnaire de l'aéroport de Beauvais-Tillé sous le slogan : « 1000 billets d'avions pour les jeunes » …, pendant la période d'enquête publique sur son Plan d'Exposition au Bruit.
Curieusement, alors que la procédure d'enquête publique lancée par le Préfet est en cours depuis le 28 janvier 2006, le Président de la C.C .I.O., annonce qu'il offre 1000 billets d'avion à 1000 jeunes, en médiatisant cette communication dans une page entière de publicité de l'hebdomadaire local « Oise Hebdo » du 1er février 2006, page 2 des trois éditions de l'Oise, sous le titre: l'aéroport de Beauvais aide les jeunes .
“ Une idée unique à l'échelon national ” dit-il avant de conclure “ ce n'est pas pour acheter l'opinion ”.
Lors d'une consultation préalable à l'enquête publique, toutes les communes et collectivités territoriales du Beauvaisis concernées ont refusé de voir l'activité de l'aéroport portée à terme à 21 000 mouvements commerciaux. Comme par hasard, le premier voyage habilement ciblé, concerne des jeunes et leurs familles de Laversines , commune proche de l'aéroport et particulièrement touchée par ses nuisances, dont le Conseil Municipal s'est formellement opposé au projet de PEB.
Nous pensons que la publicité faite autour de cette offre est intentionnelle. Elle intervient aujourd'hui, à la suite de la réaction d'opposition des représentants de la population face à une politique de développement de l'aéroport sans limites fixées et dans le but d'influencer la population appelée à donner, à son tour, son avis. Cette pratique est insidieuse. Elle constitue une pression forte sur les consciences, de nature à influencer le public appelé à s'exprimer dans le cadre de cette enquête.
Quelques billets d'avion gratuits, sans doute des promotions sur la quarantaine de places habituellement non occupées correspondant à la différence entre le coefficient de remplissage et la capacité d'emport des appareils, doivent-ils faire accepter des nuisances et une pollution croissantes, qui tôt ou tard entraîneront, entre autres, des effets sur la santé de la population qui découvrira scandalisée - comme c'est le cas ailleurs - une multiplication hors normes de pathologies graves ?
De plus, le cadeau offert est loin d'être d'une grande générosité pour une entreprise qui a reçu des millions d'euros de subventions du contribuable et qui se vante de ses résultats économiques et sociaux, mais qui laisse à la charge des jeunes le coût le plus important du voyage, à savoir : l'hébergement et le couvert ce qui pourrait -de fait- priver un bon nombre de candidats potentiels d'un tel déplacement.
Aujourd'hui, le développement de l'aéroport n'est plus associé à un concept de « développement maîtrisé » mais hélas de « nuisances ». Le président de la chambre de Commerce l'évoque maintenant. De même, un grand supporter du développement de l'aéroport - homme public- demande pour les riverains qui subissent ces nuisances, des indemnisations voire la reconstruction de leur maison à l'identique en des lieux calmes ( lu dans le registre d'enquête publique à la mairie de Beauvais ).
Et avec l'expansion prévue et fulgurante de l'activité, la zone des nuisances ne va bien sûr cesser de s'agrandir et va donc toucher de plus en plus de riverains.
Nous estimons que la C.C .I.O. en qualité de gestionnaire de service public, doit faire preuve de retenue durant l'enquête publique. Au lieu de cela, elle intervient avec des moyens disproportionnés par rapport à ceux utilisés par les associations de riverains pour faire connaître leur point de vue.
En conséquence, nous dénonçons l'action promotionnelle lancée par la C.C .I.O. pendant la consultation du public. Nous considérons qu'elle a pour effet de faire diversion à un moment où la population riveraine est appelée à donner son avis sur le P.E.B., faussant ainsi les conditions de cette enquête.
Notre association se réserve, bien entendu, toute possibilité de recours contentieux ultérieur.
Nous vous précisons que nous adressons copie de ce courrier à monsieur le Préfet de l'Oise et à monsieur le Président de l'ACNUSA.