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* L'ADERA gagne une manche contre la préfecture

* L'Adera toujours aussi combative

* Mobilisation contre l'extension de l'aéroport de Beauvais

* Jean-Baptiste Cervera reçoit riverains et experts

* Pourquoi l'aéroport remue ciel et terre

* Le modèle économique de Ryanair battu en brèche

* L'ADERA donne la parole aux experts

* Il milite contre l'aéroport de Tillé

* Caroline Cayeux évoque le développement des liaisons aériennes

* Le Monde du 26 juillet : le transport aérien traverse une crise majeure

* Aéroport : terminal pour les arrivées (Le Courrier Picard, juillet 08)

* Air France, Gestion de l'aéroport de Beauvais

* Rapport de la Chambre régionale, comptes de Picardie sur la gestion de la CCIO (pdf)

* Gestion de l'aéroport: un candidat à la reprise attaque en justice

* Les membres de l'ADERA piquent une grosse colère (Oise-Hebdo, février 08)

* L'appel d'offres à 200.000 € à la poubelle ?

* La gestion de l'aéroport épinglée (Le Courrier Picard, février 08)

* Bousculade à l'embarquement (Le Courrier Picard, janvier 08)

* L'Adera en appelle au président de la République  (L'Observateur de Beauvais, janvier 08)

* L'Adera fait chuter l'arrêté préfectoral (Le Courrier Picard, janvier 08)

 

 

Oise-Hebdo, 24 décembre 2008

L'ADERA gagne une manche contre la préfecture

 

 

La satisfaction est de mise dans les rangs de l'association de défense des riverains de l'aéroport de Beauvais-Tillé (ADERA). Celle-ci vient en effet d'obtenir un succès devant le tribunal administratif (TA) d'Amiens, puisque ce dernier a annulé la décision en date du 5 janvier par laquelle le préfet de l'Oise avait décidé de ne pas soumettre certains travaux d'aménagement de la plateforme aéroportuaire de Beauvais-Tillé à la procédure d'étude d'impact. «C'est une bonne nouvelle et c'est un beau cadeau de Noël pour nos adhérents», commente Jean-Baptiste Cervera, président de l'association. «Cela signifie que plus rien ne pourra être fait dans le dos des habitants qui sont obligés de vivre avec les nuisances de l'aéroport

Tous les travaux appelés à être réalisés au cours des mois à venir (et dépassant un certain montant fixé par la loi) devront donc faire l'objet de cette fameuse étude d'impact, afin de déterminer si le voisinage n'est pas à même d'en être affecté. Quant à la décision prise par le préfet en janvier 2006 de ne pas réaliser d'étude au motif que les chantiers prévus ne dépassaient pas les montants réglementaires, le TA a souligné que la préfecture aurait dû tenir compte du montant global des travaux et non des réalisations fractionnées.

Le tribunal a également estimé que la décision du préfet en date du 5 janvier 2006 devait être annulée et qu'il fallait par conséquent demander la réalisation d'une étude d'impact pour les .«travaux litigieux» effectués au cours de ces trois dernières années.

 

 Par ailleurs, les conclusions du TA ne sont pas flatteuses pour les services de l'État, puisqu'elles précisent que «le préfet a méconnu les dispositions». La préfecture de l'Oise a encore deux mois pour faire appel de cette décision du tribunal administratif.

 

LETTRE À NICOLAS SARKOZY

Fort de cette victoire, Jean-Baptiste Cervera n'a pas hésité, le 14 décembre dernier, à se fendre d'une lettre au président de la République pour dénoncer la gestion de l'aéroport. Dans ce courrier il met en avant les responsabilités de la préfecture, de Caroline Cayeux, des élus locaux et même de la compagnie aérienne Ryanair, dans les atteintes à l'environnement, notamment la destruction de huit hectares du petit bois de Plouy-Saint-Lucien «alors que les accords de Grenelle ont défini qu'il ne pouvait plus y avoir d'abattage de bois supérieur à 4 hectares, rasé sans l'accord de population environnante, propriétaire du paysage de son cadre de vie.» En conclusion de cette lettre, l'ADERA réclame même un rendez-vous avec le chef de l'État ou un de ses collaborateurs, en espérant que le changement d'année permette à l'association de réaliser ses vœux.

S.C.

 

 

 

Le Courrier Picard, 27 octobre 2008

L'Adera toujours aussi combative

 

L'activité, toujours aussi dense et pugnace, du président de la principale association de défense des riverains de l'aéroport, l'Adera, compense en partie la chute du nombre de ses adhérents
 

Qui arrêtera le président de l'Association de défense des riverains de l'aéroport ? Son activisme tient à bout de bras la principale association de riverains de l'aéroport de Beauvais qu'il préside, l'Adera. Avec ses cent-soixante-dix adhérents, cette association n'est pourtant pas au mieux de sa forme. Les candidats ne se sont pas pressés pour renouveler son bureau lors de l'assemblée générale qui s'est tenue vendredi dernier en fin d'après-midi.

L'Adera demeure toutefois « la » voix des riverains. L'an dernier, Jean-Baptiste Cervera a envoyé 74 courriers à des associations amies, aux politiques et à l'administration. Certains de ces courriers sont des mini-rapports de plusieurs dizaines de pages. Voire des mémoires en attaque, comme sa «protestation-» contre le 1er tour du scrutin, municipal à Beauvais, en attente d'être purgée devant le Conseil d'État. Un tract de la liste du maire sortant, et réélu, intitulé «Développement de l'aéroport, l'Adera vous ment», demeure au cœur de la dispute ...

L'ACNAT veut relancer son action

L'Adera avait invité à sa réunion l'autre association de défense des riverains, l'Association contre les nuisances de l'aéroport de Tillé (ACNAT). C'est la plus ancienne mais elle est actuellement «un peu en sommeil» selon ce qu'avoué sans détour David Ménard, qui l'analyse par une «grande démobilisation des adhérents et même du bureau». Ce dernier est néanmoins décidé à relancer l'action de cette association. Et sa principale crainte serait «l'arrivée du fret sur l'aéroport. Ce ne serait plus du 737-800, mais du 745 », a-t-il affirmé.

Il a aussi noté une amélioration de la situation sonore à Laversines au décollage. Mais pas pour les atterrissages car «les avions volent plus bas», a-t-il constaté.

Enfin, David Ménard a expliqué la principale nuance l'opposant à l'Adera sur l'aéroport : «L'ACNAT n'est pas forcément opposée à l'aéroport, mais elle demande des règles et qu'elles soient acceptées», a-t-il insisté.

L'Adera sur tous les fronts

Un vote contesté

L'Adera conteste, dans une lettre du 17 septembre adressée au préfet de l'Oise, le vote sur une modification de trajectoire des avions, au-dessus de Laversines, exprimé par la commission consultative de l'environnement de l'aéroport, le 27 juin, au motif que «seulement 19 personnes présentes étaient en droit de voter, en non 20». Rappelons que les associations, auxquelles s'était jointe la voix de la compagnie Ryanair (85 % du trafic à Tille), avaient voté contre, cette dernière parce que le changement de trajectoire se traduit par cinq minutes de vol supplémentaire, et donc des coûts additionnels.

Laversines, un giratoire ?

Jean-Baptiste Cervera, président de l'Adera, a estimé que Laversines, bourg dans l'axe de la piste d'envol de l'aéroport, sera le futur «giratoire» des avions, lorsque le trafic de l'aéroport aura doublé. Cette perspective se renforce, toujours selon M. Cervera, avec les mesures d'investissements annoncées l'an prochain : la création d'un nouveau terminal, 44000m2 de parking goudronné pour les voitures, la future salle de congrès et de conférences proche de l'aéroport, etc

 

 

 

L'Observateur de Beauvais, 31 octobre 2008

Mobilisation contre l'extension de l'aéroport de Beauvais

"Un aéroport en ville, c'est débile"

Depuis 11 ans, Jean-Baptiste Cervera, président de l'ADERA, a fait de l'aéroport de Beauvais son cheval de bataille
 

Jean-Baptiste Cervera, président de l'ADERA, Association de Défense des Riverains de l'Aéroport de Beauvais-Tillé, vendredi 24 octobre, lors d'une assemblée générale (qui s'est déroulée à la salle de la Tour Saint-Lucien au quartier de la Soie Vauban), invitait les adhérents à ne «pas cesser la lutte contre l'extension et le développement de l'aéroport de Beauvais.»

11 ans de lutte

«On existe depuis 11 ans maintenant, on est une petite association (170 adhérents en 2008), mais on se défend plutôt bien, avec nos moyens. On fait ce que l'on peut, rien à voir avec les millions dont dispose l'aéroport.» Contre qui et contre quoi milite l'association ADERA ? Dès le début de l'assemblée générale, on comprend que Jean-Baptiste Cervera est remonté contre une personne en particulier, Caroline Cayeux, maire de Beauvais : «Son projet, c'était de faire un aéroport vert, mais le seul bois (celui de Plouy-Saint-Lucien) qu'il y avait à proximité de l'aéroport a été rasé. Comment peut-on encore appeler cela un projet vert?» Autre point de discorde : «La nouvelle trajectoire de Laversines (au décollage les avions font désormais un virage pour éviter de .survoler Laversines) est aberrante. On demande que les élus soient tenus responsables si un crash se produit. Il n'y a qu'à Beauvais qu'on demande aux pilotes de faire un slalom au décollage.»

M. Malé, président du ROSO (Regroupement des Organismes de Sauvegarde de l'Oise, qui regroupe environ 80 associations de défense de l'environnement) analyse plus en détail cette nouvelle trajectoire des avions au décollage : «derrière tout cela, c'est pour éviter de survoler Bailleul-sur-Thérain, pour éviter le fief d'Yves Rome (actuel maire de la commune).»

 

Engagement collectif

Le 20 septembre dernier, l'ADERA était sur la place du Trocadéro à Paris, venue soutenir l'UFCNA (Union Française Contre les Nuisances Aéroportuaires) et l'ADVOCNAR (qui lutte contre les nuisances aériennes) lors d'une grande manifestation. 400 élus étaient du côté des militants. L'occasion pour Jean-Baptiste Cervera de lancer une nouvelle pique aux élus du Beauvaisis : «Il n'y a qu'ici qu'on a les élus contre nous...»

«2009, une année qui sera difficile»

Jean-Baptiste Cervera le reconnaît : «2009 est une nouvelle année qui s'annonce difficile, beaucoup de projets sont en cours. 44000 m2 de nouveaux parkings, une extension du parking avions pouvant accueillir 11 appareils, un deuxième terminal devrait être construit pour les voyageurs à l'arrivée, la création de la Rocade 'Nord, le rachat des terres agricoles de Morlaine pour y construire un taxi-away pour les avions (qui sert à décongestionner les pistes), la future 4 voies vers Rouen, tout cela, ce n'est pas pour qu'il n'y ait pas d'avions.» À 2 km au-dessus du sol, les stations acoustiques ont mesuré un pic de 83 décibels. Au-dessus de 80 décibels, de tels niveaux sonores sont jugés nocifs pour la santé. Un programme national de recherche pour construire des avions moins bruyants est en cours, il devrait aboutir d'ici 2020. En attendant, M. Cervera milite toujours, il a aussi .essayé de visiter la plateforme beauvaisienne. En vain: «On n'entre pas comme ça, c'est secret défense.»

Annabelle Ovré

 

Quelles perspectives pour l'avenir ?

Deux experts associatifs en renfort

Alain Lebrun, président de l'UFCNA (Union Française Contre les Nuisances Aéroportuaires) et Patric Kruissel, vice-président de l'ADVOCNAR (la plus grande association de Défense Contre les Nuisances Aériennes de France) avaient fait le déplacement et étaient venus soutenir l'association de Jean-Baptiste Cervera. Patric Kruissel, venu prêté main-forte à l'ADERA, lutte, entre autres, contre les vols de nuit à l'aéroport de Roissy (168 vols par nuit, du fret majoritairement). Il ajoute que «60 % du trafic aérien est concentré en Ile-de-France, ça n'existe nulle part ailleurs en Europe.» Quand le trafic en région parisienne sera saturé, «on cherchera d'autres plateformes pour contrer cette saturation de Roissy, ce sont les aéroports situés dans un rayon de 100 km de Paris (Beauvais, Châteauroux..) qui assureront les vols de fret. C'est vraiment un problème important.» Et Alain Lebrun d'ajouter, «ce n'est pas une solution de délocaliser ailleurs les nuisances.» «On espère beaucoup de l'Europe pour réduire les nuisances. Les dommages pour la santé, c'est à la charge des gens qui subissent les nuisances. Il n'y a pas de dédommagements. Le principe de pollueur-payeur ne s'applique pas. On continue la lutte, pour que le développent économique ne se fasse pas au détriment du développement durable,» conclut Alain Lebrun.

 

 

 

Oise-Hebdo, 29 octobre 2008

Assemblée générale de l'ADERA
 

Jean-Baptiste Cervera reçoit riverains et experts

Après une pause estivale, l'ADERA (l'Association de défense de l'environnement des riverains de l'aéroport de Beauvais-Tillé) reprend son combat. Première étape: organiser une assemblée générale et tenter de séduire de nouveaux adhérents. Une petite trentaine de personnes s'est donc rendue à cette réunion le vendredi 24 octobre, dans le quartier Saint-Lucien. Jean-Baptiste Cervera, président de l'association, a pris la parole le premier pour faire le bilan de l'année passée. Au niveau des adhérents, cela n'a pas changé, malgré une certaine refonte: «quelques personnes sont parties mais il y a eu beaucoup de nouveaux venus. Nous avons donc le même nombre d'adhérents que l'année dernière», soit environ 170 personnes. Selon le président, ces derniers mois ont permis de réaliser une bonne partie des objectifs qui avaient été fixés en début d'année. Premièrement, l'ADERA se crée des contacts toujours plus nombreux. Cette année, elle a travaillé main dans la main avec «des associations qu'on soutient et qui nous soutiennent comme l'UFCNA, le ROSO ou l'ADVOCNAR».

DE NOMBREUSES ACTIONS
Après ces introductions, Jean-Baptiste Cervera a abordé les actions menées durant l'année: la participation de l'association à une réunion de l'ACNUSA (Autorité de contrôle des nuisances sonores aéroportuaires) ou encore au salon de l'aviation verte, par exemple; mais aussi les multiples démarches effectuées envers les autorités. Le président a notamment écrit une lettre au préfet concernant les nouvelles trajectoires prévues en demandant à ce que «les élus soient responsables à vie de leurs décisions, en cas de crash, et pas seulement responsables le temps de leur mandat». L'association a également demandé une commission consultative économique pour vérifier les emplois créés par l'aéroport, «parce qu'on nous donne des chiffres qu'on ne peut pas contrôler».

«ÇA DOIT ÊTRE SECRET DÉFENSE!»
Après avoir visité l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle, Jean-Baptiste Cervera a émis l'idée de faire la même chose à Beauvais, notamment «pour voir ce qu'il en est de la loi sur l'eau». Mais cela n'a pas été réalisable, ce qui ne laisse pas le président insensible. Il n'a d'ailleurs pas hésité à commenter ironiquement: «Ça doit être secret défense!». Enfin, dernier élément en date, Jean-Baptiste Cervera a, le 21 octobre dernier, attaqué en son nom Caroline Cayeux, maire de Beauvais, pour annuler une ordonnance du mois de mars qui rejetait sa protestation contre le premier tour du scrutin des élections municipales. Le jugement est en délibéré et la réponse devrait être donnée d'ici quatre semaines mais Jean-Baptiste Cervera l'avoue : «Je ne me fais pas beaucoup d'illusions». Enfin, avant de laisser la parole aux autres intervenants, le président a livré le rapport moral, résumé en une phrase : «On a fait ce qu'on a pu!».

 

UN RÔLE D'INFORMATION
En plus de se battre pour faire respecter les droits des riverains et essayer de réduire les nuisances liées à l'aéroport, l'ADERA veut jouer un rôle important d'information. Jean-Baptiste Cervera profite de ces assemblées générales pour mettre en avant les projets de l'aéroport qui lui paraissent menaçants. Selon lui, il est prévu de construire une deuxième aérogare, 44000 mètres carrés de nouveaux parkings pour voitures, 11 parkings pour avions et une aire de lavage et de ravitaillement. Devant tous ces travaux, le président n'est pas dupe: « Tout ça est fait pour qu'il y ait plus d'avions, faut pas rêver. Il y a de quoi se battre».

DE NOMBREUX EXPERTS
Ce n'est qu'après cette vue d'ensemble de la situation que Jean-Baptiste Cervera a laissé la parole aux experts qui s'étaient déplacés pour l'occasion : Didier Malé, président du ROSO, David Ménart, représentant de l'ACNAT (Association contre les nuisances de l'aéroport de Tille), Alain Lebrun, président de l'UFCNA (Union française contre les nuisances aéroportuaires) et Patric Kruissel, président de l'ADVOCNAR (Association de défense contre les nuisances aériennes) A tour de rôle, ces experts ont pris la parole et partagé leur expérience. Patric Kruissel de l'ADVOCNAR, association s'occupant principalement de l'aéroport de Roissy, a expliqué se battre principalement autour de deux revendications : l'arrêt des vols de nuit et la mise en place d'un plafonnement. L'association est en ce moment devant la justice, auprès de la Cour européenne des droits de l'Homme. Patric Kruissel estime avoir ses chances. Si son association obtient gain de cause, cela représentera un grand progrès pour tous ceux qui luttent contre les nuisances liées aux avions. Ces interventions ont permis aux Beauvaisiens présents de se rendre compte que les moyens de se battre existent et que «plus on est nombreux, plus on a de poids».

LA PAROLE AUX ADHÉRENTS
La parole a ensuite été laissée à l'assemblée. Quelques questions ont été posées, mais se sont surtout des affirmations qui ont jailli : «C'est nous qui payons notre pollution!», s'insurge un homme, «Les avions passent à côté de l'hôpital, c'est interdit», réplique son voisin, «On nous parle sans arrêt de la pollution des voitures mais on propose des voyages à 5 euros pour aller en Italie!», s'étonne une femme. Les revendications sont allées bon train, et Jean-Baptiste Cervera a opiné du chef à chaque intervention. Avant de proposer à ses adhérents le pot de l'amitié, le président a conclu : «On est une minorité électorale et on n'a pas de poids, il faut bien le savoir». Une constatation pessimiste, mais qui n'empêchera certainement pas Jean-Baptiste Cervera de continuer à se battre pour défendre ses convictions.

P.V.

 

 

Le Courrier Picard, 3 novembre 2008

 

Le bruit est la plus grande nuisance à laquelle sont exposés les riverains de l'aéroport. Si leurs sensibilités, parfois à fleur de peau, et leur expérience du militantisme associatif varient, tous estiment le dialogue et la négociations insuffisants.

 

Tout est lié. Savez-vous que le sens de décollage des avions à Beauvais-Tillé est dicté par l'aéroport de Roissy? Que les associations de riverains des aéroports d'Ile-de-France, plus anciennes et puissantes qu'en province, sont les chefs de file de la lutte anti-bruit ?

À entendre leurs représentants, invités le 24 octobre à l'assemblée générale de l'Adera, principale association de riverains de l'aéroport de Beauvais, le combat que mène celle-là contre les nuisances aéroportuaires ressemble beaucoup aux démêlés franciliens, toutes proportions mises à part (lire par ailleurs).

Mais de quel « combat » s'agit-il? Selon Didier Malé, président du Regroupement des organismes de sauvegarde de l'Oise, « la question est de savoir qui et quoi va limiter l'expansion de l'aéroport. Or, je ne vois pas, ni au niveau des services de l'État, ni des compagnies aériennes, ni du syndicat mixte propriétaire de l'aéroport ni de son exploitant, ce qui empêche l'aéroport de passer de 2,2 millions de passagers cette année à 4 millions! » Caroline Cayeux, présidente de l'agglomération du Beauvaisis et maire de Beauvais, l'une des «voix» du syndicat mixte, répétait encore, samedi 25 octobre, la « chance pour le territoire » que représente l'aéroport, ses 600 emplois sur site plus 400 « collatéraux »... « Bien sûr, on ne peut pas le développer de manière illimitée», ajoutait-elle, en rappelant sa thèse constante: pour un « développement raisonné » de la plateforme, dont la perception est sujette à de fortes turbulences selon qu'on est plus ou moins exposé au bruit, la principale nuisance pour les riverains. Leur cauchemar, c'est un mini-Roissy aux portes de la ville. Or, aucune instance de dialogue ne les rassure, comme le rappelle Didier Malé avec sa pondération coutumière.

 

« Les choix dépendent toujours des élus » Didier Malé, président du Regroupement des organismes de sauvegarde de l'Oise (Roso), parle d'expérience à propos des commissions consultatives de l'environnement (CCE). Son association fondée il y a 33 ans regroupe 75 associations et siège dans 77 CCE dont celle de l'aéroport de Beauvais. Ces commissions regroupent trois collèges, par tiers égaux : les élus locaux, les associations et l'État. « Les choix des CCE dépendent toujours des élus, et non de l'administration chargée de veiller à la conformité des décisions », affirme Didier Malé. Il s'étonne néanmoins des conditions d'information de ces commissions : « On reçoit 15 jours avant la réunion une documentation de 50 pages, très techniques ». Il fait allusion à une CCE de l'aéroport de Tille au cours de laquelle furent examinées des nouvelles trajectoires d'approche des avions. « Et quand on pose une question sur des calculs de vols, on nous répond, mais c'est bon! »

 

« De plus en plus, les choses se passent à Bruxelles » Alain Lebrun est président de l'Union francilienne contre les nuisances aériennes (Ufcna). Il pointe la dépendance de l'aéroport de Beauvais vis-à-vis de Ryanair (85 % du trafic). «A Carcassonne, la chambre de commerce a fait un pont d'or à une compagnie lowcoast qui a tout laissé en plan du jour au lendemain », affirme-t-il. Il juge limitées les commissions consultatives de l'environnement (CCE) qui ont « le défaut de n'être que consultatives et de ne pas parler d'environnement, mais d'extension ». Le bruit est un problème continental: son association travaille au sein de l'Union européenne contre les nuisances des avions (Uena). « De plus en plus, les choses se passent à Bruxelles », juge-t-il. Alain Lebrun milite pour que se multiplient les stations acoustiques « 20 en France, 300 en Europe et toutes en réseau » à la recherche de ce qu'il nomme des « émergences » et qu'il oppose aux « courbes moyennes et lissées qui ne rendent pas compte de l'impact sonore réel », selon lui. L'Ufcna, créée en 1980, regroupe une cinquantaine d'associations de riverains d'aéroports en Ile-de-France.

 

« Plafonner le trafic de l'aéroport de Roissy » Patric Kruissel est président de l'Association de défense contre les nuisances aériennes (Advocnar). Il mène deux combats principaux, pour l'arrêt des vols de nuit (61000 par an) et le plafonnement du trafic. Ces enjeux concernent l'aéroport géant de Roissy-Charles-de-Gaule, plateforme à l'origine de l'Advocnar depuis 1986. L'association regroupe 9600 adhérents et 20 associations, dont l'Adera de Beauvais. Elle est agréée dans de multiples commissions régionales. Roissy, rappelle Patric Kruissel, c'est « 60% du trafic aérien français, 550.000 mouvements annuels, 2,2 millions de tonnes de fret dont la rotation s'effectue surtout la nuit et 60 millions de passagers ». Pour obtenir la fin des vols de nuit, après en avoir appelé vainement au ministre, puis au Conseil d'État, l'Advocnar a saisi la cour européenne des Droits de l'homme. Elle a aussi organisé un « conseil municipal » au pied de la tour Eiffel avec 400 élus de 494 communes contre ces vols de nuit, samedi 20 septembre.

 

 

 

LaTribune.fr, novembre 08

 

EXCLUSIF Le modèle économique de Ryanair battu en brèche par les juridictions financières françaises

La Tribune.fr - 03/11/2008 à 17:52 - 785 mots

La compagnie à bas coûts affiche sa confiance malgré, ou plutôt à cause de la récession. Mais, depuis deux ans, une rafale de rapports des chambres régionales des comptes mettent en pièce son modèle économique

 

"Une récession nous débarrasse des compagnies déficitaires minables et nous permet d'acheter des avions moins chers", n'a pas hésité à lancer Michael O'Leary, PDG de la compagnie irlandaise à bas coûts, ce lundi 3 novembre, lors de la présentation de ses résultats avec un bénéfice en chute de 47% à 214,6 millions d'euros, pour une hausse de 16,5% du chiffre d'affaires et de 19% du nombre de passagers. Il s'était également félicité de la situation dans une interview publiée ce jour dans le quotidien allemand Tagesspiegel. Il peut le dire car le principal danger vient, pour lui, de la mise en cause de son modèle économique par la justice financière française.

Depuis deux ans, les Cours régionales des comptes (CRC) décortiquent les accords liant Ryanair aux Chambres de commerce et d'industrie (CCI), gérant les aéroports régionaux. Ces rapports, pas moins de 25, soulignent les relations déséquilibrées entre les CCI et la compagnie « low cost », même si, souvent, l'utilité des liaisons aériennes qu'elle exploite est largement mise en valeur.

En clair, les aéroports, difficilement rentables, sont attirés par la manne de voyageurs-touristes venus d'outre-Manche pour irriguer l'économie locale que leur fait miroiter Ryanair, souvent devenu client unique de l'aéroport, comme le relève la CRC de Languedoc-Roussillon à propos de Carcassonne. Les CCI sont donc d'autant plus enclines à accepter les contrats que leur a «apporté, voire imposés» Ryanair, comme l'écrit la CRC d'Alsace.

Ces contrats imposent que les régions versent des aides substantielles pour retenir Ryanair. «La fidélisation de Ryanair dépend principalement des aides et conditions tarifaires que la compagnie obtient de la part tant des gestionnaires des aéroports que des collectivités locales désireuses d'améliorer la desserte aérienne de leur territoire» (...)

Pour la bonne règle, ces accords prévoient que Ryanair fournisse une contrepartie, notamment en organisant la promotion de la région. Mais cette contrepartie n'est que de pure forme, s'insurge la CRC de Midi Pyrénnée à propos de l'aéroport de Rodez : «le lien avec la promotion du territoire aveyronnais est accessoire, la plupart des actions mises en oeuvre ayant essentiellement pour objet de promouvoir la compagnie Ryanair».

Cette contrepartie illusoire a même été jugée par le tribunal administratif de Strasbourg. L'affaire est même montée en Conseil d'Etat qui a suivi le juge du premier degré.

Or, ces aides, qui dépassent dans le temps les aides au démarrage, contreviennent à la législation européenne, soulignent les CRC. «Dans ces conditions, l'aide prévue par la convention de 2004 liée à un coefficient de remplissage constitue en fait un soutien à l'exploitation, prohibé par la réglementation européenne (...) La pérennisation de l'aide allouée à Ryanair pour exploiter la liaison sur Londres, qui ne peut être assimilée à une aide au démarrage, contribue en fait à abaisser les coûts d'exploitation de cette compagnie. Elle génère des distorsions de concurrence avec les autres opérateurs à bas prix basés à La Rochelle qui ne bénéficient d'aucune aide», écrit par exemple la CRC de Poitou-Charentes.

Ces aides sont alors accordées en contrevenant même aux règles internes des CCI «La situation de l'aéroport et les avantages consentis à la compagnie Ryanair font peser sur la Chambre de commerce et d'industrie des risques juridiques et économiques (...) La compagnie Ryanair bénéficie d'une tarification particulièrement avantageuse qui n'est consentie qu'à elle seule, décidée dans des conditions contestables et sans formalisation contractuelle», souligne ta CRC de Bretagne.

Pour échapper au carcan des règles européennes, des montages financiers astucieux sont mis en œuvre, comme pour l'aéroport de Pau. «La CCI a alors eu recours, pour contourner les effets de la décision de la juridiction administrative, à un nouveau montage juridique. Le 30 juin 2005, elle a signé une convention avec une société, Airport Marketing Services Limited, afin d'assurer la promotion de la région de Pau et du Béarn par l'intermédiaire du site Internet de Ryanair. Le coût annuel pour la CCI est de l'ordre de 500.000 euros. La chambre consulaire considère qu'il s'agit d'une prestation de services et aucunement d'une aide financière accordée à la compagnie Ryanair. Toutefois, la société Airport Marketing Services n'est qu'une émanation de Ryanair, dirigée par deux cadres supérieurs de la compagnie aérienne », insiste La CRC d'Aquitaine. La CCI s'est insurgée contre cette analyse, a présenté une étude juridique pour défendre sa position. La chambre régionale des comptes maintient sa position sur l'illégalité des aides.

A travers ces rapports, adressés à Ryanair qui n'a pas répondu, ainsi que celui de la Cour des comptes nationale, apparaît le vrai modèle économique de la compagnie. Il consiste à fournir des passagers aux aéroports pour toucher de leur part des aides substantielles. Si ces aides ne lui parviennent plus, le modèle s'écroule. Au moins en France.

Pascal Junghans

 

 

 

Le Courrier Picard, 27 octobre 2008

 

 

Il milite contre l'aéroport de Tillé

BEAUVAIS-TILLÉ • Jean-Baptiste Cervera est l'un des plus fervents opposants à l'aéroport de Beauvais-Tillé et à son développement. Président de l'Association de défense des riverains de l'aéroport (Adera), il a adressé l'an dernier 74 courriers à des associations amies, aux politiques locaux et aux représentants des institutions et administrations, pour contester de nombreuses décisions prises pour. l'avenir de cette plateforme aéroportuaire. Des courriers qui sont parfois de véritables dossiers circonstanciés... et toujours d'une très grande pugnacité.

 

 

Oise Hebdo, octobre 08

 

L'ADERA donne la parole aux experts

 

L'ADERA reprend sa lutte contre le développement de l'aéroport de Beauvais-Tillé. Vendredi 24 octobre à 19 heures les troupes du président Jean-Baptiste Cervera se retrouveront en assemblée générale dans le quartier Saint-Lucien. L'occasion pour l'association de faire le point sur ses combats, mais aussi de tenter de recruter de nouveaux adhérents: "Plus nous serons nombreux, plus nous serons forts», souligne le président. "Et nous comptons sur cette réunion pour faire connaître la réalité de nos actions, afin que les gens s'aperçoivent qu'ils sont de plus en plus à être concernés. S'ils sont sensibles à tout cela, ils doivent nous rejoindre."

L'ADERA profitera égaiement de cette assemblée générale pour donner la parole aux experts associatifs, lesquels ont décidé de venir donner un coup de main à l'association beauvaisienne : "On se rend bien compte que toutes les autorités et tous les politiques se moquent de nous dans cette affaire de développement de l'aéroport. Nous avons donc demandé à des gens qui s'y connaissent mieux que nous, car ils ont l'habitude de ces manigances, de venir nous parler de la situation."

Alain Lebrun, président de l'UFCNA (Union française contre les nuisances aéroportuaires), Alain Peri et Patrick Kruissei de l'ADVOCNAR (la plus grande association de France de riverains d'aéroport), Didier Male du ROSa, Jean-Luc Touly, président de l'association du contrat mondial de l'eau, seront donc appelés à évoquer les risques potentiels représentés par la plateforme aéroportuaire locale. "Si nous sommes mieux informés et plus conscients des dangers, nous serons en mesure de réagir et de contrer ce que l'on veut nous imposer. Le rôle de l'ADERA est aussi de faire de la pédagogie. Ce qui ne nous empêche pas de nous montrer vigilants et offensifs. C'est d'ailleurs ce que nous faisons en contestant auprès du préfet sur les travaux de la commission consultative de l'environnement de l'aéroport." Pour en savoir plus, rendez vous ce vendredi à la salle de la tour de la Soie Vauban.

 

 

Oise-Hebdo, septembre 2008

Caroline Cayeux évoque le développement des liaisons aériennes

"L'aéroport n'a pas atteint son plafond de mouvements"

 

A l'occasion de sa conférence de presse de rentrée,. le mardi 9 septembre, Caroline Cayeux, président de la Communauté d'Agglomération du Beauvaisis, n'a pas manqué de commenter la mise en place de six nouvelles liaisons aériennes par les compagnies Ryanair et Wizzair. «Il n'y a pas de contradiction entre le fait de militer pour un développement maîtrisé de l'aéroport et la création de nouvelles destinations", a-t-elle indiqué.

Selon l'élue beauvaisienne, l'aéroport peut encore poursuivre son expansion, et ceci sans déranger l'existence des riverains de la plateforme aéroportuaire, qu'ils soient domiciliés à Tillé, Troissereux, Nivillers ou au hameau de Plouy-Saint­Lucien: «Il ne faut pas mélanger les chiffres. Lorsque l'on parle de plusieurs millions de voyageurs, on parle effectivement de passagers et non pas de mouvements aériens. Or il faut savoir que les avions qui décollent et atterrissent à Beauvais- Tillé présentent des taux de remplissage très élevé, puisque je crois qu'ils se situent aux alentours de 85%. Le plan aérien qui avait été dévoilé il y a quelques années en préfecture lors d'une réunion avec les partenaires, la Chambre de Commerce et les associations, prévoyait un certain nombre de mouvements. Or celui-ci n'a pas été atteint. Nous avons encore la possibilité d'accueillir deux lignes de plus.» Une annonce susceptible de faire bondir les militants anti-aéroport de l'ADERA.

 La présidente de la CAB (Communauté d'Agglomération du Beauvaisis) tente de couper court à la contestation en précisant que le syndicat mixte de gestion de l'aéroport prévoit plusieurs millions d'euros de travaux au cours des années à venir (que ce soit pour la réalisation de parkings, de lutte contre le bruit et les nuisances aériennes ... ) pour rendre l'aéroport encore plus sûr à l'avenir. «Travailler à la sécurité ne signifie pas que l'on va travailler au développement de la plateforme aéroportuaire. Nous maintenons la politique de développement maîtrisé, dans une optique de développement durable."

Là où l'argumentation pose problème, c'est que les compagnies aériennes low-cost ne cachent pas leur souhait de proposer encore plus de mouvements aériens, dès que les conditions de modernité et de sécurité seront réunies. Et face aux propositions financières des compagnies, les belles promesses des élus pourraient très rapidement partir en fumée.

S. C.     

 

Réaction de l'ADERA

«Cet aéroport est un privilège d'élus !»

 

Président de l'association de défense des riverains de l'aéroport (ADERA), Jean-Baptiste Cervera n'a pas la langue dans sa poche. Et lorsqu'il s'agit d'évoquer le développement des lignes aériennes, l'intéressé se montre intarissable:

"Depuis le début on nous traite de menteurs lorsque l'on dit que de nouvelles lignes vont apparaître. Mais on voit encore que nous avons raison et que ce sont les responsables politiques qui nous mentent. Cet aéroport n'est rien d'autre qu'un privilège d'élus. Depuis plusieurs années, le train d'investissement qui a été mené nous avait mis la puce à l'oreille. Les nouvelles infrastructures routières, le doublement de l'aérogare, la création d'un hôtel, le développement des parkings ... tout cela annonçait la création de nouvelles liaisons aériennes. On se moque de nous depuis le début. Et dans les villages alentours, nous n'avons malheureusement plus grand-chose à espérer de nos élus. Mais le pire est certainement le comportement des uns et des autres dans l'enquête publique concernant la loi sur l'eau. Ils s'en sont servis pour mener un dossier de mise aux normes, auquel ils ont ajouté une extension de l'aéroport. C'est d'un irrespect total."

 

 

LE MONDE du 26.07.08

Ce ne sont pas des turbulences, ce n'est pas un trou d'air : le transport aérien traverse une crise majeure. Il ne se passe plus une journée sans qu'une compagnie, quelle que soit sa taille ou sa nationalité, n'annonce une importante réduction de voilure. Toutes taillent dans leurs flottes, leurs réseaux ou leurs effectifs, quand ce ne sont pas les trois à la fois.

 

Le Courrier Picard, 5 juillet

BEAUVAIS

Aéroport : terminal pour les arrivées

L'aéroport ne s'étend pas, mais prévoit de modifier de façon conséquente son infrastructure dans un avenir très proche. C'est en tout cas ce que laisse entrevoir un dossier mis à la disposition du public à la mairie.

 

 

Le dossier, consultable mais visiblement non consulté par la population, met en lumière le devenir de l'aéroport Beauvais-Tillé, avec, en haut et à gauche, l'emplacement du futur terminal pour les arrivées? avec agrandissement de l'aire de stationnement, et l'aire de dégivrage .

 

Rien de plus technique qu'un texte d'une cinquantaine de pages nommé « dossier autorisation extension et mise en conformité des réseaux d'eaux pluviales de l'aéroport de Beauvais Tillé ». Rédigé sous l'égide de la Direction départementale de l'agriculture et de la forêt (DDAF) et de la chambre de commerce et d'industrie (CCI), ce document est pourtant riche en enseignements sur l'avenir de l'aéroport, et plus précisément sur l'intensification de son trafic.

Pour Jean-Baptiste Cervera, chef de file de la lutte anti-aéroport - et accessoirement seul lecteur de ce dossier pourtant en libre accès à la mairie de Beauvais depuis juin. Trois points sont à souligner sur l'un des plans en pièce jointe. Pour le premier, il s'agit d'étendre le parking avions à huit places au lieu des trois actuelles, avec de plus une zone nommée « extension parking avions» qui, si l'on respecte les perspectives d'échelle du plan, laisse à lire que trois avions supplémentaires pourront encore trouver leur place.

Ensuite, la modification des taxi-way, ces lignes qui permettent de décongestionner les pistes le long desquelles elles se trouvent. La lecture de cette information sur la carte reste toutefois moins évidente, mais n'échappe pas à l'œil de Jean-Baptiste Cervera.

 

 Des balises pour guider les avions

 

Pour troisième indice, la transformation de l'ancien bâtiment de Beauvais-Transport en terminal T2, avec l'intention de lui laisser prendre en charge les arrivées, l'aérogare actuelle serait ainsi réservée aux départs.

 

 

 

Il n'est absolument pas question d'une quelconque extension de l'aéroport, pouvait-on lire sur n communiqué de la Liste Beauvais pour tous, conduite par Caroline Cayeux, en réponse à des tracts diffusés par l'ADERA, présidée par le même Jean-Baptiste Cervera. Force est de constater que si l'extension ne se fait pas sur la superficie totale de l'aéroport, elle se fera tout de même par sa productivité.

À côté de cela, l'aéroport met en place une importante série de balises permettant le pilotage automatique des avions, « Beauvais-Tillé devenant ainsi le seul de la région parisienne à pouvoir accueillir les engins même par fort brouillard », analyse le militant. Avec Roissy et Orly.

Bref, du concret qui ne surprend que finalement que très peu, l'aéroport  de Beauvais ayant une telle santé qu'il serait étonnant de voir sa dynamique s'arrêter là, alors qu'il est possible de faire plus.

Toutefois, Jean-Baptiste Cervera se pose la question de l'intérêt pour la commune, tout comme une habitante de la ville expropriée d'une terre agricole pour accueillir une de ces fameuses balises. « Un récent rapport de la Cour des comptes souligne que Ryanair ne paye quasiment aucune taxe », note le premier. Les navettes qui circulent entre la ville et le centre ville sont généralement vides », constate la seconde.

Évidemment, les intérêts en jeu et les retombées économiques ne se limitent pas au manque d'attrait pour les commerçants, ni même à la nuisance occasionnée par les riverains. Toutefois, selon sa position, chacun sera en effet amené à percevoir cette évolution comme une progression supplémentaire ou comme une gêne en puissance.

MATHIEU FIOLET

 

 

 

Air France, juin 08

L'aéroport de Beauvais dans les turbulences

  

La gestion de cette plate-forme est l'objet de polémique. La gestion par la Chambre de commerce et d'industrie de l'Oise set contestée.

Un rapport de la Chambre régionale des comptes de Picardie épingle la gestion de la CCI de l'Oise, opérateur historique de l'aéroport de Beauvais- Tillé (2 millions de passagers).

Il prend un relief particulier depuis que le Syndicat mixte de l'aéroport de Beauvais- Tillé a décidé d'en confier l'exploitation à la CCI de l'Oise associée à Véolia.

Ce groupement vient d'annoncer son projet d'investir 68 millions d'euros dans cet aéroport - montant conforme aux 60 millions d'euros du cahier des charges - avec une subvention de 14,5 millions d'euros du syndicat mixte, propriétaire de l'aéroport de Beauvais depuis la décentralisation.

Le rapport pointe notamment les "conditions tarifaires avantageuses" (gratuité des prestations d'assistance en escale et remises sur les redevances aéronautiques) dont bénéficierait Ryanair, principal opérateur.

Il relève aussi que la moitié des recettes de cet aéroport (13 sur 26 millions d'euros) provenaient en 2005 d'un service de navette par autocar entre Beauvais et Paris-Porte Maillot, service payant et facturé par la CCI au travers d'une filiale, alors que cette "ligne de cars Paris-Aéroport de Beauvais paraît relever des services publics de transport, dont l'organisation relève des collectivités territoriales ( ... ) ou de l'Etat ( ... )".

Cette "situation" s'est "maintenue", indique le rapport, alors qu'elle résultait de la défaillance en 2004 d'un prestataire de transports privé.

Sur les cinq candidats qui avaient aussi déposé une offre pour exploiter l'aéroport de Beauvais, deux d'entre eux ont attaqué la procédure en référé devant le Tribunal administratif d'Amiens.

Union Générale des Ingénieurs, Cadres, Techniciens - Infos Air France

 

 

Le PDG d’Air France enterre le modèle « low cost »

Alors qu'Air France vient de publier des résultats excellent pour son exercice 2007/2008, la direction du groupe franco néerlandais a estimé que l'augmentation des prix du pétrole allait modifier en profondeur le paysage du transport aérien.

Jean-Cyril Spinetta, le PDG d'Air France KLM a ainsi identifié quelques "acteurs en risque".

Et parmi eux, il a particulièrement insisté sur les transporteur low cost : "Parce que leur modèle économique est un modèle de stimulation de la demande par de très bas tarifs" .

Et de préciser "l'augmentation des prix du pétrole qui pèse sur leurs coûts leur interdira de pratiquer des tarifs aussi bas qu'aujourd'hui, ils seront probablement inférieurs aux nôtres mais la stimulation du marché, dont elles ont besoin, sera moins importante" .

On s'en doute, ce point de vue n'est pas partagé du côté des opérateurs low cost.

De passage à Paris il y a quelques jours, le patron des opérations de Ryanair expliquait que les coûts du pétrole étaient "une opportunité" pour sa compagnie "d'abord parce que certaines vont continuer à augmenter leurs surcharge carburant, ensuite parce que d'autres vont tout simplement disparaître".

 

 

 

Gestion de l'aéroport

 

 

Oise-Hebdo, février 08

Polémique

Les membres de l'ADERA piquent une grosse colère

La campagne pour les municipales et les cantonales bat son plein et les membres de l'ADERA n'ont pas l'intention de laisser les candidats dire et faire n'importe quoi. Aussi Jean-Baptiste Cervera, président de l'association, est-il venu se rappeler au bon souvenir de Caroline Cayeux lors de la réunion de campagne de cette dernière à Notre-Dame-du-Thil, mardi 5 février.

L'intéressé a en effet tenté de lui glisser sous le nez une pétition réunissant plus de 100 signatures contre les travaux d'aménagement mené actuellement autour de l'aéroport et surtout sur l'amputation de huit hectares du bois du tilleul à Plouy-Saint-Lucien: «La mairie a dit qu'elle n'était pas d'accord sur la manière dont la DGAC a mené le dossier en mettant le propriétaire du bois devant le fait accompli», indique Jean-Baptiste Cervera en exhibant un document obtenu à l'Hôtel de Ville. «C'est pourtant elle qui a signé, le 10 janvier dernier, le document autorisant la coupe rase des arbres. La municipalité se moque vraiment du monde!»

Si l'ADERA se montre si offensive, c'est qu'elle souhaite profiter des élections pour se faire entendre, alors qu'elle s'indigne de ne pas avoir bénéficié d'une oreille attentive au cours des sept dernières années : «On n'arrête pas de nous mener en bateau. Il y en a marre de ce double discours pour nous faire avaler des couleuvres énormes. Sur cette question du bois de Plouy-Saint-Lucien cela se vérifie aisément, puisqu'en façade la Ville semble s'opposer à la coupe, alors que derrière elle fait tout le contraire. Nous n'allons plus laisser passer ces comportements»

L'ADERA a déjà commencé les représailles en allant coller des petites affichettes portant la mention «Beauvais succursale de Roissy» sur les affiches de campagne de Caroline Cayeux et Claire Beuil, afin de dénoncer «une trahison des promesses de 2001. Au rythme où vont les choses, dans quelques années nous n'aurons plus qu'à murer nos maisons et partir. Je crains de grosses désillusions pour nous car les négociations se font avec les Domaines, or il est de notoriété publique qu'ils proposent généralement un prix cinq fois inférieur au prix du marché pour racheter une maison. Ce que fait la Ville en soutenant cet aéroport est donc criminel pour les riverains. on nous étouffe à petits feux. Si elle continue, Caroline Cayeux aura des drames sur la conscience.»

S'il doit tomber, Jean-Baptiste Cervera entend cependant le faire les armes à la main. Il compile les docu­ments, les photocopies, les pétitions, les promesses de campagne des candidats (de 2001 et de 2008) afin de pouvoir les sortir le moment venu. Principale cible de ses attaques, le maire sortant de la ville préfecture ne devrait pas être épargné, chacune de ses réunions publiques devenant le prétexte d'une nouvelle intervention de l'ADERA.

 

Appel d'offres

 

Le Courrier Picard, 28 février 2008

PICARDIE

La gestion de l'aéroport épinglée

Beauvais. Le salaire du directeur de la CCIO s'est littéralement envolé, tandis que les règles de la concurrence entre les avionneurs et même sur terre n'étaient pas respectées, estime la chambre régionale des comptes qui a enquêté.

 

 

 

La chambre régionale des compte avait relevé de nombreux défauts dans la gestion de l'aéroport de Tillé.

En haut, Marc Amoudry.

En bas, Jacky Lebrun.

 

Le commandant de bord joue avec les manettes! La cham­bre de commerce et d'industrie de l'Oise (CClO) traîne en tout cas dans son sillage un rapport de la chambre régio­nale des comptes qui fait d'elle un pilote réprimandable dans sa conduite de l'aéroport de Beau­vais- Tillé.

Les magistrats d'Amiens ont éplu­ché tout le fonctionnement de 2001 à 2005. S'il est indéniable que l'aéroport a connu une croissance excep­tionnelle, la CCIO en prend pour son grade. Son directeur, Marc Amoudry, en a un peu trop profité, de l'avis des magistrats.

Pendant plus d'un an, Marc Amoudry a bénéficié d'un salaire complé­mentaire de 5000 euros par mois pour diriger la société de cars TPB, filiale de la CClO, qui achemine les voyageurs entre la porte Maillot et Tillé. En toute illégalité, puisqu'il n'avait pas le droit de cumuler son emploi de directeur de la CCIO avec celui de directeur d'une société com­merciale privée.

Une "gratte" de 5002 euros

Les magistrats souhaitent d'ailleurs être informés "des modali­tés de reversement de ses rémunérations." Cela dit, Marc Amoudry n'est pas à la rue. Ayant dû renoncer à ce cumul, il a bénéficié d'une augmentation «au choix» décidée par le président de la CCIO, Jacky Lebrun.

Une « gratte» de 5002 euros par mois! Marc Amoudry récupère ainsi légalement ce qu'il percevait illégalement. Plus une poussière de 2 euros de consolation. Son salaire brut annuel est passé de 170000 € en 2005 à 248000 €, observe la chambre régionale, évoquant sobrement une "compensation." En décembre 2004, le transporteur privé qui assurait la navette entre Paris et Beauvais a été placé en redressement judiciaire. Prise de court -sans navette pas de passagers dans les avions- la CCIO a créé une filiale, TPB, pour remplacer l'autocariste défaillant. L'affaire n'est pas si mauvaise. En 2005, la moitié du chiffre d'affaires de l'aéroport a en effet été généré par ce simple service de bus. Soit 13 M€ de recettes (...).

Pour sa défense, la CCIO a toujours affirmé ne pas avoir trouvé de société intéressée par les activités du précédent autocariste. Mais cette absence "peut s'expliquer par l'insuffisance du prix de la prestation", remarque insidieusement la chambre régionale. Avant la création de TPB, ce prix était de 213 € pour un aller-retour Paris-Beauvais. La preuve que ce n'était pas beaucoup, la CClO, une fois sa nouvelle société créée, a décidé une augmentation de 167 € ! Selon la chambre régionale, la CCIO n'a tout simplement pas respecté la législation sur les transports intérieurs. Selon elle, les trajets ne devraient même pas être facturés.

PASCAL MUREAU

 

 

Pour attirer les compagnies, la CCIO fait preuve de beaucoup de largesses

 

Ce que l'on pressentait depuis l'arrivée de Ryanair en 1997 est dûment épinglé par la chambre régionale des comptes. La CCIO accorde des facilités litigieuses aux compagnies aériennes. "Les abattements sur redevances pour une compagnie peuvent être jugés illégaux s'ils ne sont pas justifiés par un intérêt général suffisant", estiment les magistrats de la chambre régionale. "Or les documents produits (N.D.L.R., par la CCIO) ne contiennent aucune justification précise."

Toujours selon les magistrats - qui citent un «jugement Air France du 17 avril 2006 à Strasbourg -, la conformité de ces aides "pourrait encore poser problème par rapport à la régle­mentation européenne."

Pour attirer les compagnies low cost qui ont fait le succès de Beauvais-Tillé - au premier rang desquelles Ryanair qui transporte 80% des passagers - la CCIO déploie les ailes de ses largesses.

Tout le business tient là-dessus. La redevance passagers est abaissée à 1,22 € contre 2,13 € selon le tarif officiel. La redevance atterrissage est, elle, fixée à 114 € au lieu de 209. Elle peut être encore plus basse (jusqu'à 61 €), selon un tarif dégressif qui prend en compte le nombre de vols journaliers.

Selon la chambre régionale des comptes, les remises s'élevaient ainsi en 2004 à 2,5 M€ et à 1,5 en 2005. La chambre a encore observé que l'assistance technique aéroportuaire accusait un déficit de 1,3 M€ en 2004 et 1,4 M€ en 2005.

La gratuité des prestations de base accordée à Ryanair est "en grande partie" responsable de cette situation, remarquent les magistrats.

À partir de 2004, une aide handling de 0,75 € par passager a encore été consentie aux compagnies. La CCIO a ainsi financé leurs campagnes de publicité.

Et pourtant, relève la chambre régionale des comptes, aucun véritable contrat (autres que les conditions tarifaires) ne lie la CCIO avec les compagnies aériennes.

Une absence de nature «à fragiliser l'activité aéroportuaire, notamment en cas de rupture des relations". La chambre régionale soutient cependant que «l'impact direct minimum" de Beauvais-Tillé était de 500 emplois en 2005.

 

 

Le Courrier Picard, 17 janvier 2008

PICARDIE

Bousculade à l'embarquement

Beauvais. La reprise de la concession de l'aéroport de l'Oise suscite un grand intérêt. Quatre consortiums ont déposé une offre, dont Vinci, la Sanef et la CCIO de l'Oise, candidate à sa succession.

 

Qui emportera la concession de l'aéroport de Beauvais-Tillé? La réponse sera donnée dans les prochaines semaines pour une prise d'effet en mars. L'aéroport qui a été privatisé au profit d'un syndicat mixte composé du conseil général de l'Oise, du conseil régional de Picardie et de la communauté d'agglomération de Beauvais, est actuellement géré par la chambre de commerce de Beauvais, par délégation de service public.

La CCIO présidée par Jacky Lebrun s'est portée candidate à sa propre succession et a déposé un dossier en association avec le groupe Veolia et le Crédit agricole.

Signe de l'intérêt suscité par le dossier, l'appel d'offres a suscité trois candidatures concurrentes. Et pas des moindres. L'une est portée par le groupe de construction Vinci associé à l'opérateur de transport Keolis. L'autre a été déposée par la Société des autoroutes du nord et de l'est de la France (Sanef). L'entreprise senlisienne récemment privatisée au profit de l'espagnol Abertis a déposé une offre en consortium avec la Caisse des dépôts et sa filiale Egis. La quatrième candidature est celle du fonds d'investissement Galaxy, basé au Luxembourg et spécialisé dans les prises de participations dans les infrastructures de transport.

 

Deux millions de passagers

Pourquoi un tel intérêt? Il peut se résumer en deux chiffres : 65000 passagers en 1996, deux millions aujourd'hui. La proximité de cette plate-forme avec l'lIe-de-France l'a propulsé de fait au rang de troisième aéroport parisien (et les compagnies qui y ont élu domicile entretiennent souvent la confusion dans leur communication: Tillé étant le plus souvent rebaptisé Paris).

Selon les dirigeants de Ryanair qui ont fait le succès de Beauvais, prendre l'autobus à Paris avant de rejoindre Beauvais, n'est pas un handicap pour les passagers. «Cela ne prend pas plus de temps que de rejoindre Roissy ou Orly», affirme Matthieu Glasson, directeur marketing de la compagnie irlandaire. De fait, l'aéroport qui a inauguré le transport low cost en province dès 1997 enregistre une croissance à deux chiffres depuis dix ans. Outre Ryanair il accueille Wizz Air, Central Wings, Blue Air; soit une vingtaine de liaisons.

La durée de concession sera de quinze ans. Elle portera aussi sur le service de navettes reliant Tillé à Paris. L'exploitant se rémunérera au moyen des redevances liées au trafic aérien (13 000 mouvements commerciaux en 2006). Il percevra également des recettes annexes dont les péages générés par le stationnement.

 

 

Des questions d'environnement

 

La croissance de l'aéroport ne fait pas que des heureux; en particulier parmi les riverains.

L'Association de défense de l'environnement des riverains de l'aéroport de Beauvais-Tillé (Adera) n'hésite pas à se faire entendre. Jusque dans les tribunaux.

Elle vient d'obtenir du tribunal administratif d'Amiens l'annulation d'un arrêté du préfet de l'Oise créant la commission consultative de l'environnement de l'aéroport.

L'aspect environnemental et en particulier la protection contre le bruit est sans doute l'un des principaux défis que devra relever le concessionnaire.

Outre les investissements liés à l'exploitation (plusieurs dizaines de millions d'euros), il devra également s'engager à financer des mesures environnementales.

Le cahier des charges prévoit que "l'exploitant se verra confier un certain nombre de travaux: les investissements liés à la maintenance des installations; la réalisation d'infrastructures commerciales, en particulier une deuxième aérogare permettant de différencier le trafic-arrivée et le trafic-départ; l'adaptation des infrastructures aux prescriptions de la loi sur l'eau; la mise en place d'un système ILS de catégorie 3 (ndlr: atterrissage tout temps) et les travaux d'adaptation des pistes liés à la mise en place de ce système de navigation".

 

 

L'Observateur de Beauvais, 4 janvier 2008

Beauvais et les alentours

Bois de Plouy-Saint-Lucien

L'Adera en appelle au président de la République

 

Alors que huit hectares de bois sont voués à être rasés, l'association alerte le chef de l'État dans un courrier du 17 décembre.

En ultime recours d'urgence, nous avons décidé de vous saisir directement, avant que ne soit commis l'irréparable». Alors que huit hectares du bois de Plouy-Saint-Lucien sont voués à disparaître (voir nos précédentes éditions), Jean-Baptiste Cervera en appelle, en dernier recours, au président de la République Nicolas Sarkozy, dans un courrier daté du 17 décembre dernier. «Nous comptons sur votre ultime intervention pour que ne soit pas abattu le bois de Plouy Saint-Lucien», plaide le président de l'Adera (Association de défense de l'environnement de l'aéroport de Beauvais Tillé).

 

 Poumon vert de Beauvais

L'affaire a débuté l'été dernier, lorsque le propriétaire dudit bois, Jarny Gosse, a reçu une lettre de mise en demeure adressée par la préfecture. Dans ce courrier, il est invité à se conformer à une directive de la DGAC (direction générale de l'aviation ci vile) qui stipule que, par mesure de sécurité, les arbres situés à proximité d'un aéroport ne doivent . pas dépasser vingt mètres de hauteur. Compte tenu de difficultés d'ordre technique, la décision de raser les arbres s'impose.

Dans son courrier adressé au chef de l'État, Jean-Baptiste Cervera plaide pour la préservation de l'environnement, invoquant la convention de sauvegarde de l'environnement et la constitution-charte de l'environnement de 2004. Le président de l'Adera ne manque pas de rappeler également que le bois de Plouy avait «été déclaré dans le récent plan local d'urbanisme comme le poumon vert de Beauvais». Il plaide pour que soit privilégié le dialogue avec la préfecture, afin de trouver des solutions alternatives à l'abattage des arbres.

 

Huit à quatre mètres au-dessus de nos habitations

Plus grave: l'existence de la réglementation invoquée par la DGAC amène Jean-Baptiste Cervera à s'interroger sur la sécurité des habitants de Plouy-Saint-Lucien. «Les premières habitations, expose-t-il, sont enclavées dans son bois et d'une hauteur de faîtage de toits d'environ douze à seize mètres. Cela revient, de par les exigences de la DGAC, à reconnaître officiellement et incontestablement que les aéronefs fréquentant l'aéroport de Tillé Beauvais sont susceptibles de nous survoler de huit à quatre mètres au-dessus de nos habitations en toute légalité !».

Pour l'Adera et son président, «il faut reconsidérer la problématique de cet aéroport. Soit l'aéroport de Tillé-Beauvais n'est pas à sa place par rapport aux habitants, ou soit ce sont les habitants qui n'y sont pas à leur place

STÉPHANIE VIVIER

 

 

Le Courrier Picard, 3 janvier 2008

 

BEAUVAIS

L'Adera fait chuter l'arrêté préfectoral

L'Association de défense de l'environnement des riverains de l'aéroport de Beauvais-Tillé (Adera) a obtenu l'annulation de l'arrêté créant la commission consultative de l'environnement de l'aéroport.

Le tribunal administratif d'Amiens a annulé le 18 décembre, un arrêté du préfet de l'Oise créant la commission consultative de "environnement de l'aérodrome de Beauvais-Tillé.

Le tribunal a considéré "qu'en estimant que les représentants de l'APIA (Association pour la promotion et l'intégration de l'aéroport de Beauvais-Tillé) avaient qualité à siéger à ce titre (en qualité de représentants des associations de protection de l'environnement, NDLR) au sein de la commission litigieuse, alors qu'aux termes de ses statuts. cette association a pour objet social "de promouvoir, valoriser, intégrer l'aéroport de Beauvais-Tillé dans son tissu rural, périurbain et social, entreprendre toute action de nature à atteindre ces objectifs", et n'a dès lors, pas pour vocation principale la représentation des riverains de l'aéroport ou la protection de l'environnement situé à son abord, le préfet de l'Oise a méconnu les dispositions précitées; que par suite, l'Adera est fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué".

 

 

L'Association de défense de l'environnement des riverains de l'aéroport de Beauvais-Tillé (Adera) avait introduit son recours le 17 février dernier. "Cela a été long, mais nous avons gagné contre le préfet. et sans avocat ", a déclaré hier Jean-Baptiste Cervera, président de l'Adera.

L'APIA, dont les animateurs sont proches de la Chambre de commerce et d'industrie de l'Oise (CCIO) concessionnaire de l'aéroport - du député avionneur Olivier Dassault et plus généralement, des thèses en faveur du développement rapide de cette plateforme, a été créée à l'époque où les associations de riverains avaient multiplié les manifestations, notamment dans la rue, contre cet aéroport.

L'Adera, qui vient de remporter une bataille, n'a pas pour autant renoncé à la guerre.

 

L'association a en effet introduit un autre recours devant le tribunal administratif afin d'obtenir l'annulation du Plan d'exposition du bruit (PEB) de l'aéroport, arrêté par le préfet de l'Oise.

Ce troisième PEB, après celui de 1975 révisé en 2001 a porté de 13000 à 21000 mouvements - un décollage ou un atterrissage constitue chacun un mouvement - la capacité de trafic de l'aéroport elle-même variant selon le nombre de passagers par avion des aéronefs.

Aucune des communes réglementairement consultées pour avis sur ce futur PEB n'avait avalisé un nombre de mouvements aussi haut. Mais le commissaire- enquêteur avait émis un avis favorable sur ce document, comportant aussi des restrictions à la construction selon divers périmètres à proximité de l'aéroport.

L'examen du dossier au tribunal administratif d'Amiens aura lieu au mois de mai, selon l'Adera.

D.G.      

L'ADERA VA DIFFUSER SON CALENDRIER

L'Association de défense de l'environnement des riverains de l'aéroport de Beauvais-Tillé (Adera) fait tirer à 5000 exemplaires un calendrier en couleurs qui sera diffusé prochainement dans les communes soumises au Plan d'exposition au bruit (PEB) de l'aéroport, a annoncé hier Jean-Baptiste Cervera, président de l'association.

Il a également rendu public une lettre de la maire de Beauvais répondant à quelques-unes de ses observations, notamment à propos du bois des Tilleuls au Plouy-Saint-Lucien, dont une parcelle d'arbres d'une vingtaine d'hectares, parce qu'ils dépassent 20 mètres de hauteur dans un couloir aérien doivent être étêtés.

L'opération d'abattage - seule solution technique viable - aura lieu au mois de janvier, a affirmé M. Cervera, lui-même habitant au Plouy-Saint-Lucien.