Oise Hebdo, décembre 2007
ENVIRONNEMENT
Afin de ne pas gêner le décollage des avions
La DGAC ordonne de raser les arbres de Plouy-Saint-Lucien
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En marge du dernier conseil municipal, l'élu écologiste Régis Lecuru a "soulevé un lièvre" bien embarrassant pour une équipe municipale qui s'était prononcée pour un développement maîtrisé et respectueux de l'environnement de l'aéroport de Beauvais-Tillé. L'intéressé a en effet publiquement évoqué une directive de la Direction Générale de l'Aviation Civile (DGAC) demandant à la préfecture de l'Oise de faire appliquer une loi de 1985 relative au décollage des avions. Cette directive indique que les arbres des bois situés à proximité de l'aéroport ne doivent pas dépasser vingt mètres de haut, afin de réduire les risques d'incident. Conséquence, le propriétaire du bois du Tilleul, zone privée près de Plouy-Saint-Lucien, a reçu une mise en demeure de la préfecture pour qu'il coupe une partie de ses arbres. Un ordre qu'il pensait pourtant ne jamais recevoir, les alentours du petit hameau au Nord de la ville préfecture étant protégés et la parcelle classée, du fait de ,la variété d'arbres existant sur place. "Il y a près d'une vingtaine de variétés et des centaines de chênes encore très jeunes", s'indignait Régis Lecuru lors du conseil municipal. "Et malheureusement, j'ai le sentiment que l'on arrive trop tard puisque les arbres ont déjà été marqués et sont prêts à être abattus." |
Le maire-adjoint en charge de l'environnement avait beau indiquer que la Ville allait se battre r, pour préserver le cadre de vie des habitants du hameau, ses possibilités d'intervention sont extrêmement limitées. Tout se joue en effet entre le propriétaire, Jamy Gosse, à la tête de cette exploitation forestière depuis plus de vingt ans, et la DGAC. Cette dernière a d'ailleurs pris contact avec la mairie pour lui rappeler qu'elle devait faire appliquer la mise en demeure. Une intervention qui n'a pas du tout plu à Jean-Luc Bourgeois (voir encadré), mais contre laquelle l'élu beauvaisien ne peut rien faire.
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Le propriétaire du bois de Plouy Saint-Lucien n'a donc pas d'autre solution que de procéder à l'élagage de ses arbres pour être en conformité avec la directive de la DGAC, ces arbres devant être limités à vingt mètres de haut, au moins sur la partie Est du bois. Mais un élagage de ce type risque de se révéler compliqué et c'est donc vers une autre solution que l'exploitant forestier s'est tourné, en prenant la décision de raser une partie du bois, Pour respecter la demande de la DGAC, ce sont donc huit hectares (sur les vingt qui existent actuellement) qui devraient bientôt disparaître. Une coupe massive qui ne sera pas sans rappeler ce qui avait été réalisé par ... les soldats allemands au cours de la Seconde Guerre mondiale. Ces derniers avaient en effet rasé la totalité du bois pour permettre à leurs avions de décoller. À la fin du. conflit, les arbres avaient à nouveau pu pousser paisiblement... jusqu'à ce que la DGAC n'intervienne, avant que les chênes n'arrivent à maturité. Pour limiter la casse, le propriétaire serait actuellement en négociations avec la préfecture pour obtenir une indemnisation, tout en envisageant de vendre tout le bois. Stéphane CUGNIER |
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Les réactions |
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- Jean-Luc. Bourgeois (maire-adjoint en charge de l'environnement): "Dans cette histoire nous sommes mis devant le fait accompli et contraints de faire le sale boulot auprès du propriétaire. C'est un bois privé et nous ne pouvons rien faire, sans dire au propriétaire d'agir vite. C'est compliqué, mais c'est le propriétaire qui décide. Nous, nous avons été prévenus par la préfecture, mais c'était simplement pour avis. Nous ne sommes pas décisionnaires. Le fait est que le propriétaire se trouve face à une loi de 1985 relative au décollage des avions et que la DGAC exige une mise en conformité. Ce qui est dommage, c'est que d'un côté on nous demande d'agir pour préserver les bois et les réserves forestières du Beauvaisis dans le cadre d'une politique de développement durable, mais que de l'autre on nous demande de raser des forêts. Ce n'est pas très logique." - Jean-Baptiste Cervera (président de l'ADERA): "Cette affaire est inquiétante. Si l'on rase les bois, il faut aussi raser les gens dans ce cas-là. Les maisons sont intégrées dans le bois de Plouy-Saint-Lucien. Si les avions ne sont pas capables de voler à vingt mètres de haut et qu'il faut donc raser les arbres, il faut aussi détruire les habitations qui atteignent 14 ou 16 mètres pour certaines, ce qui ne laisse que quatre mètres de marge de sécurité. Est-ce comme cela que l'on considère les habitants du hameau de Plouy? 1/ arrive un moment où il faut arrêter de se moquer des gens. Déjà, nous avons appris cette histoire par hasard, car on souhaitait la cacher à la population, mais là nous n'avons plus l'intention de courber le dos. Le but de cette affaire est de favoriser les procédures de décollages. Bref, on fait tout pour les avions et rien pour les riverainS. C'est de la pure inconscience et la preuve que cet aéroport n'est pas à sa place. On joue avec la vie des gens au sol, mais aussi avec celles des 120 passagers de chaque avion. À force de jouer à la roulette russe, on se dirige vers une catastrophe."
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CAPITAL, décembre 2007
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Relief accidenté, météo difficile, système de guidage dépassé... Certaines pistes sont les bêtes noires des pilotes. En voici la liste.
Note du Webmaster : trois aéroports de France métropolitaine cités, Beauvais en premier... |
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France |
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BEAUVAIS Par gros brouillard, rien ne va plus, dommage pour Ryanair A l'aéroport de Beauvais-Tillé, en Picardie, l'ILS (le système qui guide un atterrissage aux instruments) joue bien son rôle en temps ordinaire, mais se révèle insuffisant en cas de brouillard très épais. En outre, les avions parqués près des pistes ont tendance à brouiller le signal. Quand la purée de pois tombe, les vols se déroutent donc sur Lille ou Roissy, mieux équipés. Dommage pour les usagers de Ryanair, qui représentent 80% du trafic de Beauvais (2 millions de passagers par an).
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Le Parisien, décembre 2007
Le plan choc contre le bruit des avions
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La secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, et son homologue aux Transports, Dominique Bussereau, annoncent cet après-midi un plan ambitieux de lutte contre les nuisances sonores aériennes. Le plan, que nous dévoilons, s'articule en trois principaux volets pour épargner les oreilles des riverains des aéroports de Roissy (540000 décollages et atterrissages par an), d'Orly (230000 mouvements annuels) et du Bourget. Pour la jeune secrétaire d'Etat, ancienne députée d'une circonscription de l'Essonne où se trouvent les pistes d'Orly, il s'agit des premiers « travaux pratiques» après le Grenelle de l'environnement • Les avions voleront plus haut avant d'atterrir. C'est la mesure la plus importante du plan puisqu'elle permettra d'épargner les oreilles de millions de riverains survolés par des avions quotidiennement en région parisienne. « L'altitude des avions à l'arrivée sera relevée de 300 mètres, explique Nathalie Kosciusko-Morizet. Cela peut paraître peu mais le gain sonore est énorme puisqu'il divise par deux la puissance sonore émise par un avion. Cette amélioration sera ressentie par ceux qui sont survolés par les avions dans un rayon de 10 à 25 kilomètres autour d'un aéroport. » Dès le début de l'année prochaine, les avions atterrissant de nuit et face à l'est au Bourget en Seine-Saint-Denis devront s'y plier. Viendront ensuite ceux d'Orly, début 2009, puis de Roissy à l'horizon 2011. En plus de voler plus haut, les pilotes seront également priés de descendre plus en douceur vers les pistes. « Plus un avion se rapproche naturellement sans paliers vers sa piste, plus il économise du carburant et moins il est bruyant car il peut garder un régime moteur constant et sans à-coups », détaille la secrétaire d'Etat Ces procédures de descentes dites en profil continu seront mises en place dès le 1er semestre 2008 pour les avions atterrissant à Orly face à l'est.
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• Les habitations des riverains insonorisées d'ici 2 ans. Des aides pour les travaux d'insonorisation sont possibles jusqu'à 80 % du coût total pour les habitants des zones concernées. Mais les riverains d'Orly sont les éternels oubliés de ces subvention). 1 500 dossiers sont en souffrance dans l'Essonne, et 300 à l'aéroport de Nantes-Atlantique, faute d'argent mis à disposition. La taxe qui permet de financer ces travaux, mise en place en 2005 sur les dix plus grands aéroports et aérodromes français, va être doublée dès l'année prochaine. « nous espérons ainsi disposer de 50 millions d'euros sur une année, prévoit la secrétaire d'Etat à l'Ecologie. Cette somme permettra de financer, d'ici à deux ans, les travaux de tous les dossiers aujourd'hui en attente, puis de gérer le flux des nouvelles demandes qui seront transmises. Il sera à terme possible d'insonoriser près de 7000 logements chaque année.» • Les décollages en soirée surtaxés. Pour dégager suffisamment de crédits, le gouvernement ponctionnera plus fortement le portefeuille des compagnie aériennes. Il existe aujourd'hui deux systèmes de taxes sur les nuisances aériennes selon que les avions décollent de jour ou de nuit Nathalie Kosciusko-Morizet et Dominique Bussereau en créent une troisième, de soirée, qui va faire très mal aux finances des transporteurs. Un Airbus A-340 décollant d'Orly entre 18 et 22 heures devra payer 345 € de taxes contre 83 aujourd'hui. La facture pour un Boeing 747 culminera à 4392 € (contre 1059 aujourd'hui) pour la même manœuvre. AVMERIC RENOU |
Oise Hebdo, novembre 2007
ENVIRONNEMENT
Conseil d'administration ce jeudi 29 novembre à 20 heures
L'ADERA pose 15 questions au préfet
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Que ce soit sur la question du bois de Plouy-Saint-Lucien (voir pages précédentes) ou sur l'aéroport de Beauvais-Tillé d'une manière plus générale, les membres de l'ADERA se montrent toujours offensifs. Déçus par l'attitude d'Yves Rome (président du conseil général et président du syndicat mixte qui gère l'aéroport), de Caroline Cayeux ou du préfet, ils entendent repartir à l'attaque de plus belle lors de leur conseil d'administration prévu ce jeudi 20 novembre à 20 heures (à la maison de quartier de Saint-Just-des-Marais). L'ordre du jour sera des plus chargés, avec notamment une mise en accusation des politiques menées au cours des derniers mois, mais surtout une dénonciation de ce qui est considéré comme des «cachotteries» de la part des élus : «Sur le dossier de l'aéroport, on cherche en permanence à nous masquer la réalité», déclare Jean-Baptiste Cervera, président réélu de l'ADERA, après sa campagne pour les élections législatives. «D'un côté nous avons Madame Cayeux qui fait tout le contraire de ce qu'elle avait promis, par écrit, lors de son arrivée en mairie, et de l'autre nous avons Yves Rome qui ne nous invite pas lors des commissions consultatives de l'environnement et qui fait sa petite cuisine, comme ça l'arrange, dans son coin. Il y a déjà eu deux réunions, mais nous, association locale, nous n'avons pas été invités. Si je n'étais pas au conseil d'administration du ROSO, réseau qui regroupe les associations en charge de l'environnement dans l'Oise, nous ne serions pas au courant. Ce n'est pas de la démocratie. Le syndicat mixte devait apporter de la transparence. Est-ce cela la transparence de nos élus locaux ?» Agacés par cette situation, les membres de l'ADERA (qui s'apprêtent à célébrer les dix ans de l'association l'année prochaine) réclament plus de transparence. N'ayant pas obtenu gain de cause à la suite des pétitions lancées par le passé ou des interventions auprès des élus locaux, ils souhaitent mener leur combat de manière plus frontale : «On parle de démocratie participative et on incite les gens à s'engager. Et bien nous, nous le faisons. Nous voulons nous impliquer. En portant plainte s'il le faut. Mais pour l'heure, nous nous adressons au représentant de l'État.» |
En effet, pour enfin obtenir les réponses qu'ils attendent, les membres de l'ADERA viennent de faire parvenir au préfet (avec copies envoyées à Nicolas Sarkozy, François Fillon et Jean-Louis Borloo) une liste de quinze questions relevant de sa responsabilité au sujet de l'aéroport de Beauvais-Tillé : «Si je l'interpelle sur des sujets bien précis, c'est avant tout pour obtenir des réponses. Je pose des questions, mais j'y ajoute des affirmations. Et j'attends donc qu'il me réponde pour me dire que j'ai tort. Si ce n'est pas le cas, cela voudra dire que j'ai touché juste.» Jean-Baptiste Cervera va même plus loin : «J'ai demandé la fermeture provisoire de l'aéroport. Cela fait même longtemps que j'ai formulé cette demande. Si je l'ai fait, c'est pour une raison bien précise, il faut savoir qu'en 2005 il a été reconnu qu'il y avait sur le site de Beauvais-Tillé une pollution de la nappe phréatique. Mais depuis, tout a été étouffé et nous n'avons jamais rien su. Et pourtant le sujet est d'importance. Si l'on pollue cette ressource, nous devons en être informés, car cette une nappe phréatique qui va de Beauvais jusqu'à Laversines. Aujourd'hui j'affirme que l'aéroport n'est pas aux normes de la loi sur l'eau. Il doit récupérer toutes les eaux de pluie des surfaces d'exploitation pour les traiter, mais ce n'est pas le cas. Au moment de la signature de la charte sur l'environnement, l'aéroport s'était pourtant engagé à faire les travaux pour le 31 décembre 2005. Mais depuis cette date, nous n'avons plus jamais eu une seule réunion concernant cette charte.»
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Les sources d'inquiétude sont donc nombreuses pour les riverains de l'aéroport et ceux engagés dans le combat de l'ADERA. Selon Jean Baptiste Cervera les réponses du préfet deviennent d'autant plus urgentes que le développement de l'aéroport, la réduction des arbres du bois de Plouy et la construction de la route à quatre voies menacent d'empoisonner encore plus la vie des habitants du Nord de Beauvais. «Nous allons nous retrouver en plein enfer. Si on veut tout raser, il faut être courageux et le dire. Bientôt, on rasera tout le pays ! Et qui va nous indemniser pour la perte de valeur de nos habitations, Nous méritons des réponses rapides.» Pour conclure, le président de l'ADERA tient tout de même à balayer les accusations que l'on porte trop souvent contre l'association : «On nous fait passer pour des anti-aéroport,mais ce n'est pas le cas. Si l'on se rebiffe, c'est parce que l'on nous propose un dialogue de sourds. On ne tient pas compte de notre avis. C'est vrai sur la question de l'aéroport, mais aussi sur la question de la route à quatre voies que l'on veut nous construire au ras des maisons. On veut nous mettre une autoroute au bout du jardin, mais nous ne sommes pas consultés ! Cela fait trois ans que Caroline Cayeux est en discussions sur ce sujet, mais elle ne nous a rien dit au cours des réunions de quartier.» L'ADERA aura donc beaucoup à dire jeudi soir et assénera ses vérités. Des vérités qui ne devraient pas faire plaisir aux élus locaux à moins de quatre mois des élections municipales et cantonales.
Stéphane CUGNIER |
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L'ADERA invite Dassault, Mancel... et les avocats |
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Les membres de l'ADERA ne craignent pas le mélange des genres «tout ce qui a trait à la vie beauvaisienne nous intéresse, car ce que nous défendons, c'est l'environnement des Beauvaisiens au sens large», indique Jean-Baptiste Cervera. Aussi suivent-ils avec attention les questions relatives à la réforme de la carte judiciaire et les difficultés du TGI de Beauvais. Concernant le mouvement des avocats, l'ADERA entend se mettre au service de leur cause en leur offrant une tribune lors de leur conseil d'administration. Ils invitent donc le bâtonnier Isabelle Führer, ou d'autres membres du barreau, à se présenter jeudi soir à 20 heures à la salle de quartier de Saint-Just-des-Marais, afin qu'ils puissent s'expliquer sur les raisons de leur combat. L'ADERA va même plus loin, puisqu'elle propose aux deux députés, Jean-François Mancel et Olivier Dassault - lesquels ont voté le budget du ministère de la justice, se positionnant ainsi aux côtés de Rachida Dati - de venir eux aussi pour défendre leur point de vue : «Notre but n'est pas de créer une polémique ou de dire qui a tort et qui a raison, mais simplement de permettre aux gens de dialoguer, et peut-être même de trouver des points d'entente. Cela se fera en terrain neutre.» Reste à savoir si ces invitations seront honorées par les avocats et les parlementaires des deux premières circonscriptions. À noter que l'ADERA a aussi convié Laurent Isoré (candidat déclaré de l'UMP sur le canton de Nivillers) à cette réunion, ainsi que l'ancien maire Walter Amsallem, toujours aussi populaire et dont il se murmure qu'il pourrait se présenter lors des prochaines élections cantonales sur le secteur de Beauvais Nord-Ouest.
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